Small World, de Martin Suter

J’avais découvert Small World, de Martin Suter, en lisant sur le web que cette œuvre était incontou896574951rnable et faisait partie des livres à lire absolument dans sa vie. Je l’avais donc ajouté à ma wish list, sans grande envie de l’acheter, mais tout de même ! Et comme par hasard, je suis joyeusement tombé dessus à la médiathèque (que ferais-je sans la médiathèque ?!), et me suis plongée dedans avec beaucoup d’attentes… qui n’ont pas toutes été comblées.

L’histoire
A soixante ans, Conrad Lang, vit aux crochets d’une riche famille qui l’a recueilli enfant et continue à le faire vivre en l’employant comme gardien. Un soir, il met accidentellement le feu à leur villa. Ce sont les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer, qui va avoir d’autres conséquences troublantes. Au fur et à mesure que sa mémoire proche est engloutie, des souvenirs que certains espéraient enfouis à tout jamais resurgissent peu à peu…

Ce que j’en ai pensé
Je ressors de cette lecture mi figue mi raisin.Ce livre est à la fois une critique sociale des hautes sphères de notre société, ainsi qu’un exposé médical sur une maladie que tout le monde connait mais encore très compliquée à assimiler : la maladie d’Alzheimer. C’est également une chronique familiale avec une intrigue très bien menée.

J’avais lu des critiques tellement élogieuses de cette œuvre que je m’attendais à une écriture vraiment sensationnelle. Pour cela je suis ravie : sans être absolument magnifique, la plume de l’auteur est très belle, fluide, et nous plonge parfaitement dans l’univers d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer. Le personnage principal, Conrad, sombre peu à peu dans la démence liée à sa maladie et retombe quasiment en enfance. L’auteur nous le fait ressentir de son point de vue, notamment par les noms qu’il se donne et qui varient en fonction de la période à laquelle il pense se trouver (enfance, adolescence, âge adulte). Cela fonctionne très bien et nous aide à avancer dans l’intrigue petit à petit. Plusieurs fois je me suis demandé si l’auteur ne s’était pas trompé de nom, mais non en fait, arrivée à la fin tout s’est éclairci !

Bon en fait tout s’était éclairci avant la fin parce que j’avais un peu deviné le dénouement… Pas dans ses moindres détails mais j’avais deviné la grosse révélation. Mais ça m’a fait plaisir, ça n’a pas gâché ma lecture, dans le sens où les personnages secondaires ont deviné également assez rapidement, donc c’est bien passé.

Le récit est également très bien construit : les chapitres sont trèèèès longs (une dizaine de chapitres sur plus de 350 pages…), donc on passe du coq à l’âne (d’un mariage à la fugue de Conrad par exemple) en alternant les points de vue des personnages. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteur nous décrive la vision de Conrad de son point de vue, mais à la troisième personne du singulier : cela nous fait rentrer complètement dans le délire du personnage.

Sincèrement, sur le style, la construction, les personnages, je n’ai rien à redire. Enfin si, j’aurais aimé que certains personnages, comme Urs, soient un peu plus impliqués dans le roman pour lui donner un peu plus de contenu, mais ce n’est franchement pas grave car cela n’a pas manqué.
Malgré tout cela, je ne peux pas dire que j’ai adoré ma lecture. C’est une belle lecture, que je recommande bien évidemment, mais je ne sais pas… Peut-être que je ne l’ai pas lu au bon moment, que j’avais besoin de quelque chose de plus positif. Parce que là forcément, une œuvre centrée sur la maladie, vous comprenez que ce ne fut pas très joie et bonheur…

Ce que j’ai aimé :
– le sujet : il est encore rare de pouvoir lire des œuvres de ce genre sur la maladie d’Alzheimer, sans que cela tombe dans le pathos
– le mélange des genres : saga familiale / exposé médical / critique sociale
– la construction du récit : on plonge sans ‘en rendre compte dans les délires de Conrad

Ce que j’ai moins aimé :
– malgré toutes ces choses positives, ce ne fut pas forcément une lecture agréable : le sujet est dur ponctué de très peu de moments de joie

Si je croise d’autres livres de Martin Suter à la médiathèque, je les emprunterai donc avec plaisir !

15/20

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