Le Grand Meaulnes, d’Alain Fournier

couv70628329Seconde pioche dans la Bookjar Livraddict, qui tombe sur Le Grand Meaulnes, un classique de la littérature française qui a failli raflé le prix Goncourt en 1913. Œuvre qui, d’après ce que mon père a pu m’en dire, est ennuyante, longue et fastidieuse, et lui a retiré tout goût pour la lecture… Pas très encourageant !

L’histoire
À la fin du XIXème siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de 15 ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge –l’école du village–, attend la venue d’Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu’il suive le cours supérieur: l’arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l’enfance finissante de François…

Ce que j’en ai pensé
Le synopsis ci-dessus n’est pas celui inscrit sur la quatrième de couverture de mon édition; le mien était bien plus mystérieux, et je ne savais donc pas du tout à quoi m’attendre en ouvrant ce livre – qui, en chemin, sentait les vieilles feuilles jaunies, un délice ! Et je dois dire que je ne regrette absolument pas ma lecture !

Premièrement, je ne saurais pas donner un genre particulier à ce livre. Chaque partie décrivant une époque différente dans la vie des protagonistes, il s’adresse à la fois aux adolescents et aux adultes.
La première partie traitant de l’enfance est remplie de rêve, d’onirisme, d’amitié, de poésie, de cirque bohémien, d’odeurs de craie et de vieux livres.
La deuxième partie traite de l’entrée dans l’âge adulte, et est empreinte de défis, de désillusions, de promesses à tenir et de projets.
La dernière partie, consacrée à l’âge adulte, est elle emplie de peine, de regrets, de mort, de drames et de déceptions. On sent que l’auteur a aimé grandir et devenir adulte…!

J’ai été emportée par cette histoire d’amitié sur fond de recherche d’un amour perdu, sur plusieurs années.
Elle est narrée du point de vue de François, qui n’est qu’un acteur secondaire de l’intrigue, ce qui entraine pas mal de mystères autour des événements. Nous savons qu’Augustin cache beaucoup de choses, ce qui ne fait que renforcer l’aspect dramatique de tout ce qui se passe autour de lui.
Malgré tout, ce point de vue narratif unique a ses faiblesses, dans le sens où la multiplicité des points de vue aurait engendré un meilleur traitement des histoires secondaires; par exemple, le parcours de Frantz est très peu détaillé, notamment à la fin de l’œuvre, ce qui m’a un peu frustré.

J’ai beaucoup aimé l’histoire d’amour entre Augustin et Yvonne, leur coup de foudre au premier regard, et l’ambiance dramatique qui les entoure dès le départ. Le personnage d’Yvonne m’a particulièrement ému, et reste au final la principale « victime » de cette histoire. Et j’avoue qu’à la fin, j’ai été vraiment très émue, voire triste… Car c’est au final une histoire vraiment très triste que nous narre l’auteur, même si elle reste empreinte d’une dose suffisante de joie pour nous faire dire « C’est la vie, il faut avancer ! ».

Contrairement à beaucoup d’autres classiques écrits à cette époque, les descriptions ne sont pas prépondérantes dans ce roman. Il y en a, évidemment, mais elles ne servent qu’à soutenir une ambiance : le rêve d’une fête de fiançailles, la chaleur de la campagne estivale, le calme d’un bord de ruisseau… J’ai également aimé la manière dont l’auteur décrit les objets, le bois doux sous les doigts, le vieux cuir des cartables et des bottines, le coton des blouses d’écolier, qui ne fait qu’accentuer l’aspect nostalgique par rapport à l’enfance.

Car au final, Le Grand Meaulnes n’est qu’un exutoire de la nostalgie de l’auteur pour son enfance, ses regrets, et la dureté du passage à l’âge adulte et à ses responsabilités, et de toute la mélancolie que cela engendre.

Le rythme du livre est par contre, un peu étrange. Beaucoup de longueurs dans les première  et seconde partie, avec beaucoup de détails et de descriptions, voire de longueurs, alors qu’au contraire la dernière partie se déroule très rapidement, avec très peu de détails. J’aurais aimé que l’auteur nous en dise plus long sur le dénouement final, et je reste au final avec beaucoup de questions en suspens quant à la manière dont les choses se sont déroulées pour nos personnages…

Au final, Le Grand Meaulnes a été une belle lecture surprise, pas du tout laborieuse, mais emprunte de tristesse. Dommage que l’auteur n’ait pas eu l’occasion de pousser son œuvre littéraire plus en avant, cela aurait pu nous valoir des pépites !

J’ai aimé :
– le rappel aux rêves de l’enfance
– la plume de l’auteur
– le personnage d’Yvonne

J’ai moins aimé :
– que le récit ne soit raconté que d’un seul point de vue
– certaines longueurs, notamment dans la première partie

14/20

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Une réflexion sur “Le Grand Meaulnes, d’Alain Fournier

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