Mon Roi, de Maïwenn

Mon_RoiOn a beau entendre souvent de larges critiques du cinéma français, avouons-le certains films sont des pépites ! Certains réalisateurs sont des valeurs sures, et Maïwenn en fait partie. Depuis Le Bal des Actrices, je vais voir chacun de ses films au cinéma, et à chaque fois j’en ressors bouleversée et enchantée. Après Polisse et l’engouement que ce film a créé, Maïwenn a décidé de raconter une histoire d’amour. Et encore une fois, c’est brillant !

L’histoire
Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme qu’elle a adoré? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer…

Ce que j’en ai pensé
J’ai adoré ce film, et je n’ai pas vu les 2h04 passer ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais plus regarder regarder un film, au cinéma ou ailleurs, sans regarder l’heure en même temps…

Premier point positif : le casting ! J’étais sceptique concernant Emmanuelle Bercot, dont j’avais du mal à saisir le potentiel face au si charismatique Vincent Cassel. Mais qu’est-ce que je me suis trompée !!! Emmanuelle Bercot est juste SPLENDIDE ! Son titre d’interprétation féminine à Cannes est largement mérité (même s’il m’est difficile de comparer avec les performances des autres comédiennes, vu que je n’ai pas vu les films… mais bon), elle irradie totalement dans ce film et occupe totalement l’écran. Elle n’éclipse pas Vincent Cassel mais joue à jeu égal, à sa manière à elle. En plus elle ressemble tellement à Nathalie Baye !
Vincent Cassel quant à lui est parfait. Je ne sais pas si le rôle a été écrit pour lui, mais je n’imagine pas un autre comédien à sa place. Avec sa « gueule » (dans le bon sens du terme évidemment) et son regard électrique, il est à la fois charmant, sensuel, glaçant et détestable.
Et enfin, que dire de Louis Garrel ! L’autre révélation avec Emmanuelle Bercot ! Tout le monde connait Louis Garrel, mais personne ne saurait dire dans quoi il a joué… Je l’avais « rencontré » il y a deux ans au Festival de Cannes (où j’avais eu la chance d’être invitée au Grand Journal de Cannes, et où il était invité pour le film Un Château en Italie) et je l’avais trouvé extrêmement charismatique et mystérieux. Là, on découvre un Louis Garrel à contrepied de son image publique, et je l’ai adoré !
Il est enfin à noter que c’est la première fois que je ne vois pas Maïwenn jouer dans l’un de ses films… Elle fait jouer sa sœur, Isild Le Besco, que j’ai eu grand plaisir à retrouver !

Second point positif : le scénario. Maïwenn alterne les ellipses temporelles entre l’histoire d’amour et la reconstruction de Toni. Avant d’aller voir ce film, j’avais uniquement regarder la bande-annonce, qui reste vague sur le contenu de l’histoire; je n’avais lu aucun synopsis. Je pensais donc naïvement que Maïwenn nous raconterait le déroulement d’une histoire d’amour. Et bien non, elle va plus loin que cela.
Ce film relate effectivement une histoire d’amour, sublime au départ car pleine de frivolité, de liberté… Puis tumultueuse, et enfin chaotique et destructrice. Le tout entrecoupé de scènes où l’héroïne est en plein processus de convalescence physique, ce qui fait un rapport entre le corps et l’esprit.
Je ne m’attendais pas à ce que l’histoire traite d’un pervers narcissique, et j’ai adoré ! On sent que l’histoire dérape au fil des minutes, et on a envie de secouer les personnages en leur disant de réagir, mais non ! Heureusement Louis Garrel le fait un peu à notre place quand même, heureusement qu’il était là !

Autre point positif : la réalisation. Maïwenn joue avec sa caméra, offre une belle liberté de jeu à ses acteurs, et nous offre donc de belles scènes, avec de beaux cadres bien travaillés. Mention spéciale, comme toujours, à la bande originale, qui dès les premières scènes nous plonge dans une ambiance intimiste mais électrique.

Je vous conseille donc fortement de voir Mon Roi de Maïwenn, à la fois grisant, révoltant, glaçant et bourré d’espoir !

19/20

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