L’arabe du futur, tome 1, de Riad Sattouf

arabe_c1-hautedefAvec la sortie du tome 2, qui a fait beaucoup de bruit, j’ai eu envie de découvrir le premier tome de L’Arabe du futur, bande dessinée de Riad Sattouf. J’en avais entendu beaucoup de bien, et compte tenu des actualités, je souhaitais en découvrir plus sur la vie et la culture au Moyen-Orient. Je connaissais Riad Sattouf surtout à travers ses films, notamment Les Beaux Gosses, dont j’avais trouvé la critique sociale et générationnelle désopilante. C’est donc avec beaucoup d’attentes que je me suis plongé dans cette BD…

L’histoire
Ce livre raconte l’histoire vraie d’un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad.

Ce que j’en ai pensé
Il y a énormément de choses à dire sur cette BD pleine d’intelligence, mais je ne sais par où commencer.
J’ai beaucoup aimé découvrir l’enfance de Riad Sattouf à travers cette BD, pleine d’humour, de bon sens et d’innocence. Sans concession, il nous livre son regard d’enfant sur la situation au Moyen-Orient, notamment en Libye et en Syrie, où il a vécu.

Le titre de la BD, « L’arabe du futur », n’est pas choisi par hasard. Pour son père, l’arabe du futur est éduqué, et saura donc lui-même sortir son pays de la dictature. Ce qui est totalement paradoxal avec le discours tenu plus loin, où ce même personnage, le père, annonce clairement que la dictature est le seul moyen pour que les habitants s’éduquent, y étant forcés…

Le petit Riad n’est pas le réel personnage principal de la BD. Le personnage principal, c’est son père, dont on sent l’admiration débordante qu’il lui voue dès les premières planches. Le père de Riad se dit instruit, étant le seul membre de sa famille à être allé à l’école et ayant fait une bonne partie de ses études en France, et est pourtant bourré de préjugés. Au fur et à mesure de l’avancée de la BD, on réalise que malgré son bagage intellectuel, il reste antisémite et rétrograde, prônant à de nombreuses reprises la violence. On découvre une société où la violence est ancrée dans la culture dès le plus jeune âge des enfants, et où l’interprétation religieuse entraine le développement de l’antisémitisme de manière quasi systématique.

Beaucoup de personnages secondaires viennent embellir cette histoire, notamment le personnage de la mère de Riad. Bien qu’ils soient proches, on ne la voit pas comme personnage principal… Et je ne sais toujours pas dire aujourd’hui si j’admire son courage et sa capacité d’adaptation, ou si je la trouve au contraire assez soumise. C’est un mélange des deux…
Alors qu’elle a également fait des études supérieures, elle se mère au foyer dans un pays où sa couleur de peau et de cheveux ne peut qu’être remarquée… Son seul essai de travail (traduction de communiqués en langue française à la radio) l’a menée à être interrogée par les services de Police de l’Etat… pas très encourageant donc… On sent qu’elle n’est pas épanouie, et qu’au fur et à mesure des années elle supporte de moins en moins les remarques antisémites et politiques de son époux. Sur la plupart des planches où elle apparait, elle fait le ménage ou s’occupe des enfants, et est tout le temps seule.

Nous suivons le parcours du petit Riad et de ses parents à travers ses yeux d’enfant. Cela donne une innocence vraiment touchante à l’histoire, et permet au lecteur de ne pas être « étourdi » par un jugement de valeur déjà présent dans l’écriture.

Les planches sont très plaisantes à lire. Au-delà du code couleurs appliqué selon le pays mis en image (bleu pour la France, jaune ou orange pour les pays du Moyen-Orient), le coup de crayon de Riad Sattouf reste simple mais touchant. Il ponctue parfois ses planches de petites indications (« Personne dans les rues », « Chantiers déserts »…) pour accentuer ses impressions de petit garçon découvrant une nouvelle ville.

Cette BD, de par sa construction, nous permet de réfléchir sur les différences culturelles très fortes entre l’Orient et l’Occident, entre modernité et tradition, et la difficulté pour le petit Riad, issu de ces deux cultures, de s’adapter à l’une comme à l’autre.

J’attends avec impatience de pouvoir découvrir le tome 2 de cette saga, très prometteur compte tenu de la fin du tome 1 : le petit Riad va nous faire découvrir l’école.

16/20

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2 réflexions sur “L’arabe du futur, tome 1, de Riad Sattouf

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