La fille dans le brouillard, de Donato Carrisi

Ça y est,la rentrée littéraire est arrivée… et ça ne signifie pas pour autant que mon compte 004071918en banque va se vider ! Je ne suis pas adepte des rentrées littéraires, et je n’achète que peu de livres en grand format de manière générale. Même si j’adore flâner en librairie et regarder les nouveautés, je ne les achète pas forcément.

Mais quand une grande maison d’édition comme Calmann-Lévy vous contacte et vous demande si lire le nouveau roman de Donato Carrisi vous intéresse, là, vous sautez sur l’occasion (et la remerciez chaleureusement par la même occasion) ! Parce que Donato Carrisi quand même ! J’avais eu un quasi coup de cœur pour Le Chuchoteur (cliquez ici pour lire ma chronique), et pour sa si belle plume ! Dès sa réception, je me suis donc empressé de lire La fille dans le brouillard

L’histoire
Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Mon avis
Bon, autant le dire tout de suite : je suis complètement passée à côté de ce roman… Et ça me désole, parce que je sais que c’est en partie de ma faute. Parce que la lecture du Chuchoteur m’a tellement marquée que je m’attendais à retrouver les mêmes ficelles dans ce nouvel opus, et que ce n’est pas du tout le cas.

Car ce roman n’est pas un thriller classique, mais bien un roman noir d’ambiance. L’ambiance d’un petit village brumeux dans les montagnes, où tous les habitants se connaissent, où la religion tient une place importante, et où le vie se déroule paisiblement jusqu’à ce qu’une jeune fille soit enlevée. Arrive un commissaire qui va tout faire pour se refaire une santé médiatique grâce à cette affaire.

Ce roman a beaucoup de qualités. La première d’entre elle est la superbe écriture limpide de Donato Carrisi, qui réussit toujours à instaurer des ambiances particulières dans ses histoires, et à nous mener sur un tas de pistes détournées pour nous retourner le cerveau. La construction du roman est par ailleurs très originale, grâce à sa pléiade d’ellipses temporelles qui instaurent un certain suspense de la première à la dernière page.

J’ai également beaucoup apprécié la critique des médias instaurée dans le livre. Car tout tourne autour de cette médiatique : qui manipule qui ? Les médias manipulent les téléspectateurs, mais qui manipule les médias ? Et qui manipule celui qui manipule les médias ? Comment une affaire criminelle ne peut-elle être qu’un grand spectacle ? Les médias sont-ils les nouveaux juges ? Comment en sommes-nous arrivés à donner plus d’importance aux assassins qu’aux victimes ? Toute une réflexion autour de ces questions se déroule tout au long du roman, et c’est assez frappant de vérité.

Mais malheureusement, j’ai rencontré un grand nombre de problèmes durant ma lecture… Le premier problème se situant du côté des personnages, auxquels je n’ai pas accroché. L’inspecteur Vogel est antipathique au possible, à l’opposé des héros policiers que nous pouvons rencontrer généralement dans les autres thrillers ou polars. Alors certes, c’est original, mais ça n’aide pas à s’impliquer totalement dans l’histoire. Rien à sauver non plus du côté des personnages secondaires.

Et surtout, malgré son petit nombre de pages (plus de 300), j’ai trouvé ce roman infiniment long… Notamment la première partie, où l’enquête se met en place et où on ne suit aucune piste particulière, m’a laissé perplexe.

La dernière partie est assez haletante, mais j’ai trouvé qu’elle manquait de détails et de profondeur, qu’elle était au contraire trop rapide, et je reste encore avec plusieurs questions en tête. Le dénouement final, bien que brillant, m’a malheureusement laissé un léger goût amer…

Pour résumer, ne vous attendez pas à retrouver Le Chuchoteur dans La fille dans le brouillard, ces deux romans n’ont rien à voir (à part la belle plume de Carrisi) ! Mais si vous cherchez un roman d’ambiance, à la construction originale, courez !

14/20

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13 réflexions sur “La fille dans le brouillard, de Donato Carrisi

  1. Je viens de le finir alors je passe lire ta chronique. J avais vu ta note et ton avis global avant donc je n en attendais pas trop et du coup, j ai bien apprécié. Le dénouement me laisse un peu perplexe mais c est bien mené même si je n aime pas quand me méchant nous délivre son plan machiavélique sous forme de dialogue mais bon allez ça passe. Merci encore de me l avoir prêté 😀

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