Tout plutôt qu’être moi, de Ned Vizzini

Depuis les toutes premières parutions, les romans de la collection La Belle Colère, de la tout-plutot-qu-etre-moi-792636maison d’édition Anne Carrière, m’attirent beaucoup. Ce sont des romans réputés très bon pour la plupart, à la couverture intrigante, et qui traitent à chaque fois de problématiques psychologiques. Quand j’ai vu que Tout plutôt qu’être moi, qui me tentait depuis un bon bout de temps, était sélectionné dans la catégorie jeunesse du Prix Littéraire des Chroniqueurs Web, et qu’en plus il était disponible à la médiathèque, je n’ai pas hésité une seconde !

Résumé
Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ?

Mon avis
Généralement, les romans traitant de psychologie chez les adolescents marchent bien sur moi. Ce fut notamment le cas pour Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven (cliquez ici pour lire ma chronique), qui évoquait les troubles bipolaires. C’est pourquoi un roman traitant de la dépression m’intéressait beaucoup. Et j’ai été très agréablement surprise par ce roman, et par le ton plutôt léger qui en ressort !

Premier bon point, le personnage de Craig, qui m’a bien plu. C’est un jeune garçon gentil, qui veut donner le meilleur de lui. A tel point qu’il en oublie de profiter de la vie et qu’il se sent coupable du moindre moment d’oisiveté. Sa famille est aimante et le soutient, mais il a du mal à trouver sa place dans son cercle d’amis et dans la société en général. Autrement dit, Craig n’est pas en dépression car rien ne tourne rond autour de lui, c’est simplement lui qui n’arrive pas à s’adapter à sa vie et à en profiter, tout simplement.

Le truc avec ce roman, c’est qu’il ne tombe pas dans le pathos. Craig, à travers la plume de Ned Vizzini qu’il est impossible de ne pas penser autobiographique, a beaucoup de recul par rapport à son état, il sait pourquoi il va mal et connait ses travers, et les gère avec pas mal d’humour. Mais il n’arrive pas à aller au-delà. J’ai trouvé cela assez fort de la part de l’auteur de prendre ce parti-là, de ne pas passer son temps à se lamenter sur le sort de son pauvre personnage pour n’en faire qu’une victime du modèle américain. Il nous montre que Craig a envie de se battre et de vivre, et c’est ce qui ressort de son roman.

Ned Vizzini a une plume très imagée, et j’ai énormément apprécié cela. Il est souvent difficile de s’imaginer une pathologie sans l’avoir jamais connue. Ici, grâce aux « tentacules », j’ai réussi à me figurer ce que ressentait Craig dans ses moments d’angoisse, et j’ai pu m’identifier bien plus facilement à lui et à son état. On a tous connu des moments de pression, où on rejoue la fin du monde à coup de « si »; je les ai revécus à certains moments.

Après, j’ai trouvé que l’histoire souffrait de quelques facilités. Notamment au niveau de la romance, qui ne m’a absolument pas émue. Je n’ai pas bien réussi à cerner le personnage de Noelle, et leur histoire m’a paru un peu tirée par les cheveux et très très rapide (surtout compte tenu du passif de Noelle).

Toutefois, il est indéniable que ce roman est une petite perle, dans laquelle Ned Vizzini démontre son appétit de vivre et son envie de combattre la maladie. Une bulle de positivité et d’humour dont on a l’impression de ressortir grandi.

17/20

Roman lu dans le cadre du Prix Littéraire des Chroniqueurs Web

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9 réflexions sur “Tout plutôt qu’être moi, de Ned Vizzini

  1. Pour moi ce roman fut un coup de coeur. La romance ne m’a pas dérangée parce que… comment dire ? Ils sont dans un cadre un peu hors norme et n’ont donc que très peu de temps vu le temps que lui doit être hospitalisé. Et puis j’ai aimé la lumière que l’auteure a mis dans ce livre. Même si l’on sait que lui n’a pu être sauvé.

    Aimé par 2 people

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