L’amie prodigieuse, tome 1, d’Elena Ferrante

En ce moment, du fait de la parution française du troisième tome de la saga, L’amie 9782070466122prodigieuse est partout ! J’ai donc eu très très trèèès envie de sortir le premier tome de ma pile à lire, sachant qu’il y patientait depuis un peu plus d’un an (ce qui est une bonne moyenne par rapport à d’autres livres, il faut le savoir !). Sachant qu’une lecture commune était organisée sur Livraddict, j’étais doublement heureuse de pouvoir le découvrir !

L’histoire
Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre.
Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l’adolescence, à l’aube de l’âge adulte, non sans ruptures ni souffrances.

Mon avis
J’ai passé un excellent moment de lecture avec L’amie prodigieuse, qui m’a plongé dans le Naples des années 50 au cœur d’une histoire d’amitié très intense. Je l’ai adoré car je me suis énormément identifiée à l’héroïne principale, et m’immerger dans cette enfance m’a fait replonger dans la mienne.

Le gros point fort de cette lecture est sans conteste la plume d’Elena Ferrante. Dès les premières lignes, son écriture m’a fait chanceler : elle est fluide, et fourmille pourtant de centaines de petits détails qui donnent toute la matière du roman. L’auteure a parfaitement réussi à me faire ressentir les émotions de mon enfance, à revivre des situations et des questionnements que j’ai vécus moi-même étant petite. Par ailleurs ce n’est pas une plume qui entre dans le jugement : l’auteure, via son héroïne, nous laisse nous faire notre propre opinion par rapport à ce qu’il arrive à ses personnages, elle nuance beaucoup les actions et opinions, et j’ai beaucoup apprécié cette absence de manichéisme.

L’autre bon point du roman réside dans ses deux héroïnes principales : Elena et Lila. Je me suis beaucoup reconnue dans le personnage d’Elena (et pas seulement parce que je m’appelle Hélène, je vous vois venir !), qui a du mal à trouver sa place au sein de son quartier, qui se trouve si fade qu’elle ne peut compter que sur l’école et ses capacités pour tenter de trouver cette fameuse place. A ses côtés se trouve son opposée, Lila, extrêmement brillante par nature, mais qui ne veut pas seulement trouver sa place, mais surpasser tout le monde. Par cette amitié, dont parfois on se demande si elle en est vraiment une, deux opposées s’opposent, s’affrontent parfois, mais finissent toujours par s’améliorer mutuellement. Ce n’est pas une simple relation d’amitié entre deux petites filles naïves, Lila et Elena vivent à travers l’autre deux vies bien différentes, pas toujours compatibles, ni compréhensibles. Elles s’éloignent, mais jamais longtemps. J’ai adoré cette relation d’amitié, assez exceptionnelle, très forte, très intense, malgré le jeune âge des deux fillettes, et cette opposition de caractère qui les amène l’une et l’autre à s’interroger sur leur vie, leur futur et leurs rêves.

Au-delà de cette relation d’amitié si particulière, l’auteure nous propose une plongée au cœur d’un quartier populaire dans la ville de Naples, dans les années post Seconde Guerre Mondiale. Un quartier où règnent les traditions, la valeur du travail, l’attrait pour la réussite et avec cela la jalousie et les rivalités, les ragots et les histoires d’amour et d’amitié. C’est incroyable de voir à quel point une vie de quartier peut à elle seule représenter tout un monde ! Rien qu’une sortie au-delà des rues du quartier représente une découverte magistrale pour nos héroïnes; c’est là que le poids du quartier où l’on grandit, avec sa culture et ses traditions, explose.

En grandissant, Elena et Lina vont chacune être confrontées à des questionnements et des problématiques d’époque : la place des femmes, le poids des traditions, le machisme, la vie au-delà de leur quartier, la violence des rapports entre êtres humaines, la définition de la réussite, et bien sûr l’amour. L’auteure aborde chèque thème de manière très subtile, parfois par des petits détails (l’émancipation des femmes grâce au port d’une simple paire de chaussures ou d’un maillot de bain), parfois par des mises en situation assez violentes.

En lisant ces lignes, vous pouvez vous dire qu’au final, ce livre ne fait que décrire l’enfance de deux fillettes. C’est bien ça. Peut-être que vous vous demandez si ce n’est pas trop long, vu qu’il ne doit pas se passer tant de choses incroyables que ça. Effectivement, il n’y a aucun élément fantastique ou de suspense dans ce roman. Mais ça n’empêche pas ce livre d’être magique à sa manière, fantastique dans son écriture, fantaisiste dans ses personnages, surprenant quant à l’évolution des héroïnes.

J’ai très hâte de continuer à suivre le tourbillon de la vie d’Elena et Lila, et de replonger dans ce quartier et cette écriture si immersive et passionnante ! Si ce roman vous fait peur, surpassez-là et foncez !

(Et je crois que nous avons le record de la plus longue chronique jamais écrite sur ce blog, oui oui oui !)

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12 réflexions sur “L’amie prodigieuse, tome 1, d’Elena Ferrante

  1. Ces romans sont sublimes ! L’écriture est fluide et extrêmement franche, sans détour, au cœur des réactions des héroïnes à leur environnement et leurs émotions. J’ai adoré ces livres qui nous entraînent au cœur de vies qui sans être les nôtres réveillent en nous les affres de l’enfance et de l’adolescence. Ce temps où tout paraît si important.

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  2. J’avais assisté à une conférence avec la traductrice espagnole de cette saga, ça m’avait beaucoup intriguée ! D’ailleurs ma maman est en train de le lire et elle ne m’a pas encore fait de commentaires, je suis contente de voir que c’est une lecture que tu as apprécié 🙂

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