Dodgers, de Bill Beverly

124763_couverture_hres_0Il y a quelques mois, j’ai découvert le roman Dodgers lors de la sélection du Prix Littéraire des chroniqueurs web (vivement la prochaine sélection d’ailleurs !). Son résumé et sa couverture m’avaient beaucoup intrigué, et quand je l’ai vu à la médiathèque, je n’ai pas hésité une seconde à l’emprunter. J’ai profité de mes vacances pour m’y plonger, pleine de curiosité !

L’histoire
East, quinze ans, est chef des guetteurs devant la taule, une maison où l’on vend et consomme de la dope, dans un ghetto de Los Angeles. On ne saura jamais pourquoi ni comment, car la petite bande n’a rien vu venir, mais un jour les flics débarquent. La taule est fermée, East doit se racheter. En allant dans le Wisconsin éliminer un juge, témoin compromettant. Accompagné de son frère Ty, douze ans et complètement fêlé, d’un pseudo-étudiant et d’un gros plutôt futé. Sans armes, avec de faux papiers et quelques dollars en poche. À bord du monospace bleu pouilleux qui quitte le soleil californien pour le froid des Grands Lacs, l’ambiance est de plus en plus crispée. Et, à l’arrivée, rien ne se passera comme prévu.

Mon avis
Ma lecture de Dodgers a été très intense, et très intéressante, puissante, brutale. Entre roman initiatique, introspectif, et plongée contemporaine dans le ghetto californien, j’ai surtout découvert un personnage principal très fort qui m’a beaucoup marqué.

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans qui ont pour background le milieu des gangs et du trafic de drogue. Un milieu difficile, lourd, dur et sans pitié. Un milieu dont la tension permanente m’a happé dès les premières phrases, pour ne me laisser souffler qu’à la dernière. Dodgers est un roman sombre, mais ni gore ni violent gratuitement. La violence du milieu dans lequel évolue East, notre personnage principal, parait si évidente, que même lui ne la remet pas en cause.

Le personnage d’East m’a énormément touché; on le sent totalement paumé, il n’arrive pas à trouver sa place au sein de sa famille, de son quartier, du monde qui l’entoure. On sent qu’il est borderline, sur le point de craquer à chaque seconde, de pouvoir basculer dans la violence d’un moment à l’autre, et on l’accompagne au fil des pages sur cette pente glissante. J’ai beaucoup aimé l’évolution d’East à ce niveau, ses choix s’avérant forts et émouvants.

C’est cet aspect initiatique qui m’a particulièrement marqué, même si j’aurais qu’il soit parfois un peu plus introspectif. J’aurais en effet aimé que le roman soit raconté à la première personne du singulier, pour avoir une meilleure idée des sentiments et des opinions d’East à certains moments de l’intrigue. J’ai également trouvé que certains dialogues étaient trop flous, insuffisamment travaillés.

Malgré ces petits bémols, je garde de Dodgers un souvenir marquant, une lecture comme j’en ai rarement faite : une expérience de lecture plus intéressante que plaisante, dure et violente, certes un peu plombante, mais intrigante.

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