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Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Il y a deux ans, j’ai découvert la plume de Clémentine Beauvais avec Les petites reines, que j’avais adoré (cliquez ici pour lire ma chronique), et depuis, je suis avec attention ses parutions. Lorsqu’est sorti Songe à la douceur cette année, les nombreux avis dithyrambiques m’ont donné très très envie de le découvrir… Mais j’ai attendu sa sélection dans la catégorie Jeunesse du Prix Littéraire des Chroniqueurs Web 2017 pour l’emprunter à la médiathèque, et le savourer le temps d’un dimanche cocooning…

L’histoire
Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?

Mon avis
Quel beau moment de lecture ! Songe à la douceur est une lecture très particulière, qui m’a totalement charmée, et dont je félicite l’audace !

Je félicite l’audace car Clémentine Beauvais a pris le pari d’actualiser Eugène Onéguine (le roman et l’opéra), sous forme de vers comme hommage et pour en garder la poésie… et c’est réussi ! Un roman en vers libres et en alexandrins rimés pourrait faire peur, la poésie étant malheureusement réputée pour être élitiste; ici, les vers donnent une légèreté au récit, et une vraie poésie à cette histoire déjà très jolie.

Le roman est par ailleurs un roman jeunesse, et ce style s’adapte, de manière surprenante, parfaitement à la période de l’adolescence. Clémentine Beauvais allie par ailleurs brillamment un vocabulaire riche avec un vocabulaire moderne et cru, illustrant très bien ses personnages et leur monde. L’alliance de tout cela permet de s’approprier réellement le roman, en faisant une expérience de lecture très personnelle et vraiment intense.

Et que dire de cette histoire ? Une histoire d’amour d’une rare intensité, qui m’a totalement transportée ! J’ai adoré les personnages d’Eugène et Tatiana, surtout le personnage de Tatiana. Le regard introspectif et nostalgique d’Eugène sur sa vie et son adolescence, l’évolution évidente des personnalités et des vies avec les années… Et Tatiana qui passe de l’adolescente rêveuse qui vit sa vie en fantasmes, à cette jeune adulte très pragmatique et pressée… A toute cette ambiance s’ajoute un mystère autour d’un drame, qui amène un certain suspense à l’histoire. L’alternance des époques est utilisée de manière efficace et intelligente.

Songe à la douceur est une vraie surprise, un mélange des époques, des genres, et des styles, et même des mises en page, brillamment mené. Un roman qui parle d’amour, de rêve, et surtout de regrets et d’attentes. Audacieux, vibrant, original, poétique, moderne, brillant, intelligent : voilà un petit résumé de ce livre époustouflant !

8 réflexions sur “Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

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