3 billboards – Les Panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh

0940631En ce moment, j’essaie de rattraper mon retard sur toutes les sorties cinéma, et de me mettre relativement à jour pour pouvoir apprécier les cérémonies des Césars et des Oscars qui se déroulent ce week-end ! C’est dans cette optique que j’ai bravé le froid, et me suis rendue en salles pour voir l’un des films dont on parle le plus pour les Oscars : 3 billboards, Les Panneaux de la vengeance ! J’ai entendu tous les avis sur ce film, des coups de coeur comme des coups de gueule, et j’avais hâte de m’en faire mon propre avis.

L’histoire
Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Mon avis
J’ai passé un bon moment en compagnie de ce film, qui s’est révélé être une très bonne surprise ! Je n’en attendais rien, n’ayant pas été convaincue par les images que j’avais pu voir, et ayant développée une certaine méfiance après avoir lu des critiques mitigées. J’ai trouvé ce film rempli d’audace, proposant un mélange des genres ambitieux mais réussi, même si certains points scénaristiques m’ont laissé un peu perplexe…

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Premier bon point, et principal bon point même : le mélange des genres osé par Martin McDonagh. 3 billboards est une tragi-comédie parfaitement réussie ! On passe de dialogues extrêmement tendus à des punchlines totalement déroutantes et donc drôles, et ce dans une fluidité absolument fascinante – Martin McDonagh possède d’ailleurs un réel talent pour l’écriture de dialogues. Même si j’ai trouvé le côté comédie plus abouti que le côté dramatique, qui tend parfois vers la caricature et la facilité, l’ensemble du film est harmonieux, et rien que ce mélange des genres mérite d’être félicité.

Deuxième bon point, et pas des moindres : le casting. Frances McDormand est incroyable dans le rôle de Mildred Hayes, femme incroyablement forte mais dure, d’une violence et d’une froideur terribles, terrassée par le meurtre de sa fille et par l’absence de vérité autour de celle-ci. Et Sam Rockwell, à la fois flippant, intrigant et drôle dans le rôle du policier totalement crétin, mais dont l’évolution tout au long du film est fascinante à regarder. J’espère sincèrement que ces deux acteurs seront récompensés aux Oscars, notamment Sam Rockwell que je trouve impressionnant dans chacun de ses rôles !

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Troisième bon point : la réalisation. C’est le premier film de Martin McDonagh que j’ai l’occasion de voir, et ce ne sera pas le dernier (j’ai très envie de voir Bons baisers de Bruges qui a l’air top !). J’ai beaucoup apprécié l’utilisation de la lumière naturelle tout au long du film, donnant des plans fixes absolument magnifiques. Certains plans séquence sont également très intéressants (notamment celui où Dixon s’en prend à Welby), et les plans mettant en contradiction les personnages entre eux sont réussis. La bande originale est très belle également.

Par contre, je reste un peu dubitative concernant le scénario, qui pour moi use de trop de facilités à certains moments. Le scénario n’est en effet pas exempt de clichés sur l’Amérique profonde et ses habitants – en témoigne le personnage de Dixon… Certaines scènes n’ont aucune utilité dans le film, voire même certains personnages (si quelqu’un peut m’expliquer l’utilité de Peter Dinklage dans le film, ça m’intéresse !). Et je trouve que la fin tourne à la caricature; elle n’a aucun message positif à faire passer, à part un message digne de l’absurdité de la manière de penser de cette Amérique profonde à moitié dénoncée dans le film… Aucun personnage n’est attachant, on ne s’attache qu’à leur combat personnel, même si les moyens employés pour arriver à leurs fins sont très contestables.

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Je comprends tout à fait pourquoi 3 billboards ne fait pas l’unanimité, et pourquoi il suscite des réactions allant du coup de coeur au dégoût. Pour ma part, même si j’ai globalement apprécié l’oeuvre, certains éléments du scénario m’ont laissé vraiment perplexe… A vous de vous faire votre propre opinion !

11 réflexions sur “3 billboards – Les Panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh

  1. Le film montre en effet des personnages à fleur de peau, d’où leur côté parfois colérique et parfois nerveux au point d’en être comiques. L’idée est de décrire des personnages qui ont tous un fardeau, quelque chose qu’ils refoule et qui les rend, d’une manière ou d’une autre violents, et une fois cette explosion de violence passée, tout se décante et ça permet de mener à cette ouverture plus positive et à cette remise en question, auparavant impossible car ils étaient trop à fleur de peau.
    En tout cas, je le conçois comme ça, pour le reste je suis d’accord avec cette belle critique. 🙂

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      • (SPOILERS) C’est tout le côté irrationnel de ces personnages. Quand ils sont dos au mur, les gens agissent souvent de manière non raisonnée et illogique. Quand Sam se fait cramer la face, il prenait conscience de certaines choses, forcément on s’attend qu’après sa découverte, il se venge, mais non. De toutes façons, il n’a plus de repères après la mort du shérif. Il s’est fait jeter de la police, tout le monde se moque de lui, il n’a plus envie de vivoter. Mildred, elle, agit sur le même fonctionnement. Elle est trop aveuglée par sa rage et sa tristesse pour agir de manière juste et logique à nos yeux. C’est sur ça que se base 3 billboards, des portraits très humains et donc, irrationnels. Car l’humain est bizarre. ^^

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      • Oui, mais le fait de mettre ce genre de personnage au centre du film en montrant comment, à la fin, ils ont évolué de manière positive, avec la petite musique joyeuse, est contradictoire avec la violence qu’ils véhiculent pendant 2 heures. Je sais que c’est humain, et le côté Amérique profonde, toussa toussa, mais moi ça me gêne un peu de magnifier la violence de cette manière, et de la rendre sans conséquence aucune.

        Aimé par 1 personne

      • Ben en fait elle n’est pas si magnifiée que ça 🙂 Je comprends tout à fait mais le but est justement de la faire s’intensifier jusqu’à atteindre un stade tel que ça doit cesser et qu’on se rend compte qu’on a dépassé les bornes. Elle est certes impunie dans les faits, mais même si le film montre de la destruction, ce sont surtout des représentations de souffrances intérieures. Donc il ne faut pas trop prendre le film au pied de la lettre, même si je saisis tout à fait la gêne provoquée et/ou qu’on puisse être surpris par la tournure de certains événements.

        Aimé par 2 personnes

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