La forme de l’eau, de Guillermo del Toro

4913768Avec les dernières cérémonies de récompenses, en ce moment, je n’ai qu’une envie : aller au cinéma ! J’ai donc profité de mon week-end pour aller en salles, et enfin voir le lauréat des derniers Oscars : La forme de l’eau. J’apprécie bien le cinéma de Guillermo del Toro, et la bande-annonce de ce film-ci me plaisait bien, j’avais donc hâte de le découvrir !

L’histoire
Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Mon avis
J’ai beaucoup apprécié ce film, que j’ai trouvé abouti au niveau scénaristique et esthétique… mais je reste surprise de son Oscar du Meilleur Film. Car oui, c’est un bon film, mais le meilleur de l’année ? Je n’en suis pas certaine…

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Même si au final j’ai beaucoup apprécié l’oeuvre, le film avait très mal démarré de mon côté… Car pendant les cinq premières minutes du film, j’avais l’impression d’être plongée dans un remake du Fabuleux destin d’Amélie Poulain ! Tout l’univers de Jean-Pierre Jeunet est présent dans les premières images : le filtre vert, l’héroïne au carré, l’accordéon, et même le voisin peintre solitaire ! On peut parler d’inspiration voire d’hommage, je penche plutôt vers la copie, mais chacun son degré d’interprétation. Et puis le côté fantastique du film est arrivé, me faisant oublier ce côté peu reluisant.

Car Guillermo del Toro a tout de même le don pour raconter des contes, impossible de dire le contraire. J’avais été conquise par l’univers du Labyrinthe de Pan, et j’ai été conquise par l’histoire de La forme de l’eau. Il réussit à chaque fois à imbriquer des thématiques fortes dans une histoire originale, ici le racisme et les relations  humaines considérées par certaines comme contre-nature (homosexualité, racisme, etc.).

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Cette thématique est mise en scène à travers des personnages très opposés : les personnages d’Elisa et de la créature aquatiques, deux « créatures » à part, dont les particularités font qu’elles sont rejetées du monde, et le pouvoir et la rigidité des moeurs américains (racisme, homophobie, individualisme) incarné par le personnage de Strickland. Un personnage qui est fasciné de manière morbide par la créature et par Elisa, et fera tout pour leur mener la vie dure.

Pour incarner ces personnages aux personnalités très fortes, Guillermo del Toro a réuni est excellent casting ! Sally Hawkins est excellente dans son rôle, elle réussit très bien à faire passer ses émotions par ses gestes et son regard. Michael Shannon est, comme à son habitude, excellent : il réussit à se montrer parfaitement ignoble et flippant quand il le faut !

Les décors et costumes sont également réussis, mais de là à ce que les décors remportant l’Oscar, bon… L’ambiance est très intéressante, on ressent très clairement que le film est très sensuel : la douleur ressentie par les personnages est très marquée et nous touche profondément, de même que l’attirance et l’érotisme entre les personnages d’Elisa et de la créature. L’élément de l’eau est utilisé de manière très intéressante, avec le symbole de la sexualité clairement mis en scène autour de l’élément, et allant jusqu’à imprégner quasiment chaque plan du film.

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Mais j’ai tout de même un petit bémol qui me taraude l’esprit : pourquoi avoir positionné ce film au moment de la Guerre Froide ? Beaucoup de questions restent sans réponse, par exemple quel est le projet secret développé par le laboratoire autour de la créature pourquoi la créature est capturée, et pourquoi le fameux personnage du Docteur est si fasciné… Alors oui, cette situation de Guerre Froide sert l’histoire dans le sens où elle accentue l’antipathie entre certains personnages, mais tout de même…

Je déplore également un léger manque d’émotions. Le film est certes totalement fascinant, nous suivons un véritable conte vraiment audacieux et bien développé… mais au final, j’ai ressenti peu d’émotions, du moins pas autant que je pensais en ressentir.

Malgré quelques bémols, je ne peux nier avoir passé un bon moment devant La forme de l’eau, un film qui cadre totalement avec l’univers de Guillermo del Toro, et qui est intéressant dans le fond et dans la forme, même si, pour moi, il n’est pas inoubliable. A voir !

16 réflexions sur “La forme de l’eau, de Guillermo del Toro

  1. Salut,
    Je suis d’accord avec cette critique. Le film était vraiment sympa à voir et « fascinant » comme tu le dis mais il manquait quand même un petit quelque chose, peut-être un peu plus de profondeur, pour mériter d’être le film de l’année.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai assez aimé, mais comme toi, le fantôme de Jeunet est trop présent dans ce film haha ! Sérieux cette copie d’Amélie Poulain ou de La cité des enfants perdues m’a choqué pendant la première partie du film xD Puis l’autre gros défaut : l’histoire d’amour est tellement rapide… Deux rencontres et pouf ça y’est… Alors que la relation Humaine/créature aquatique était tellement intéressante… mais reléguée au second plan pour mettre en valeur les méchants :/

    Aimé par 1 personne

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