Au petit bonheur la chance !, d’Aurélie Valognes

Depuis quelques mois les romans d’Aurélie Valognes sont partout, et pourtant je n’en ai jamais lu un seul. Je ne sais pas pourquoi, ils ne m’attirent pas du tout. Malgré cela, quand j’ai vu son nouveau roman à la très jolie couverture printanière sur NetGalley, je me suis dit que c’était une bonne occasion pour découvrir cette auteure !

L’histoire

1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus. Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un cœur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Lucette et Jean vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon. Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.

Mon avis

Je comprends maintenant pourquoi les livres d’Aurélie Valognes sont partout : j’ai a-do-ré ce roman, qui est même un petit coup de cœur ! J’ai été totalement charmée par l’histoire de Jean et Lucette, par l’amour et la tendresse de leur relation, et par tous les thèmes secondaires traités dans ce livre; j’en suis ressortie toute émue.

Ce roman m’a particulièrement touché car il m’a rappelé ma propre relation avec ma grand-mère, et certains moments de mon enfance. Je me voyais à la place de Jean en train de jouer avec mes cousins sur la plage, les jalouser d’avoir accès à certaines choses, la découverte du goût de certains aliments, les mises en garde des parents… Tout cela m’a rappelé les doutes, les espoirs, les secrets, les jeux, les interdictions, les frustrations : toutes ses petites choses et ses grands sentiments qui forment l’enfance.

Le personnage de Jean est absolument génial : c’est un petit garçon bavard, curieux et plein d’amour. Il subit des épreuves très difficiles, et son petit cœur a saigné trop souvent à mon goût. Je n’avais qu’une envie : lui tendre les bras et lui faire un énorme câlin pour lui prodiguer toute l’affection dont il pouvait manquer. Je me suis retrouvé dans sa vision de sa grand-mère, comme une personne qui a des habitudes d’un autre temps, pudique dans ses marques d’affection, ayant un rapport différent à la terre et à la consommation. On sent cependant l’immense amour qui lie Lucette à son petit-fils, et les efforts qu’elle met en oeuvre pour essayer de le protéger de la vérité.

Au-delà d’une « simple » histoire de famille, Aurélie Valognes nous conte une histoire sur l’évolution d’un pays, sur la France qui bouleverse ses mœurs dans les années 60-70, avec la démocratisation du téléphone, de la télévision, des réfrigérateurs, des grandes surfaces, et des voitures, et avec tout cela des valeurs familiales qui peuvent paraître s’amenuire avec une montée de l’individualisme. L’auteure instaure à la fois un aspect réconfortant à travers le personnage de Mémé Lucette, et moderne dans le personnage de la mère de Jean, et un entre-temps avec celui de Françoise. Tout cela est évoqué de manière très intelligente, sans jugement mais avec beaucoup de force.

Vous l’aurez compris, je vous conseille vivement de foncer sur ce roman à la fois tendre et difficile, plein d’humour, de tendresse, mais aussi de tristesse : un concentré d’émotions pour un superbe moment de lecture !

13 réflexions sur “Au petit bonheur la chance !, d’Aurélie Valognes

  1. Pour ma part, j’ai découvert Aurélie Valognes grâce à Carnet Parisien et c’est une jolie lecture. Ma mère adore également. J’ai lu En voiture simone, qui m’a fait passer un chouette moment. J’attendrais la sortie poche de Au petit bonheur a la chance mais j’ai hâte de le lire. 🙂

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      • Bonjour. Mémé dans les orties est très bon. J’ai « moins aimé » en voiture Simone. Il est bien mais avec moins d’émotion et de profondeur ! Aurélie Valognes est une acharnée de l’écriture et du travail. Et ça se voit dans ses livres ! De plus elle y ajoute beaucoup de sensibilité et pioche ici et là dans sa vie et ses propres émotions / liens. A lire aussi Virginie Grimaldi aussi (Tu comprendras quand tu seras plus grande est un coup de coeur). Deux auteures proches de leurs lecteurs. Virginie Grimaldi dans une folie douce et Aurélie Valognes tout en douceur 🙂

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  2. J’ai lu ses 4 romans. Tous très biens et tous différents.
    « Au petit bonheur la chance » n’est pas un feel-good, c’est un roman profond comme vous l’écrivez bien dans cet article. Les autres m’ont beaucoup plu également mais ce sont plus des comédies. Des comédies très réussies, surtout Mémé dans les Orties et En voiture Simone.

    Sous prétexte que c’est une jeune femme, la presse qui ne l’a surement pas lue, la catalogue comme « Feel good ». Mémé dans les orties parle de la solitude des personnes agées, Au petit bonheur la chance de l’abandon, Minute Papillon de l’exploitation et des mères célibataires… bref on n’est pas du tout dans du feel good à la Agnes Martin Lugand. Beaucoup plus profond selon moi, un peu comme Anna Gavalda.

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