Parvana, une enfance en Afghanistan, de Nora Twomey

0841317J’avais flashé sur le film Parvana un peu plus tôt cette année, au moment des Oscars, en découvrant la bande-annonce du film. Bon, il a perdu contre Coco (évidemment…), mais je le gardais dans un coin de ma tête en me promettant d’aller le voir à sa sortie. Quand j’ai vu qu’il sortait ce mois-ci, et qu’en plus mon petit cinéma le projetait une seule séance par jour, j’ai foncé !

L’histoire
En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l’argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d’être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père.

Mon avis
Comme attendu, Parvana est un film d’animation très réussi, tant visuellement que scénaristiquement. Oui c’est un film dur, non il n’est pas visible par tous les âges, mais il dénonce autant qu’il émeut, il révolte autant qu’il donne de la sagesse. Il est donc indispensable !

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Il est impossible de rester insensible à la vie de Parvana, de sa famille et de son pays entier. Le film se concentre sur la vie d’une famille à Kaboul, occupée par les Talibans. Une vie où les femmes n’ont plus aucun droit, plus aucune dignité, uniquement le devoir de baisser les yeux et de se cacher aux yeux des hommes. Une vie où les érudits sont les ennemis, où la liberté de mouvement n’existe même plus. Une vie où la violence et l’intimidation sont quotidiennes. Parvana ménage un peu ses spectateurs en montrant peu de sang, mais l’angoisse est présente à chaque seconde du film.

Le film parle évidemment de la dureté de cette période pour les femmes, qui se sont vues cantonnées dans leur foyer du jour au lendemain, alors qu’avant elles pouvaient étudier et travailler. C’est en cela que Parvana va devenir une Bacha Posh, c’est-à-dire une fille suffisamment jeune pour se travestir en garçon, et avoir ainsi la possibilité de rapporter de l’argent et de la nourriture à sa famille. Mais Parvana est fille d’érudit, et érudite elle-même. Elle s’évade donc dans les légendes de son pays, qui parlent de liberté, de courage, et d’humanité.

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Bien que l’animation n’ait rien de très originale, la colorisation marque clairement l’ambiance du film. Les tons ocres utilisés marquent très bien l’ambiance triste et poussiéreuse de la ville, tandis que le personnage de Parvana est lui plein de couleurs. Quand cette dernière évoque le conte, ce sont alors une myriade de couleurs éblouissantes qui apparaissent à l’écran, et alors une animation bien plus originale. La bande-originale du film est également très belle.

Parvana est un très beau film d’animation, qui dénonce parfaitement la barbarie des talibans, tant dans le sort réservé aux femmes, qu’aux enfants et aux érudits. C’est une héroïne pleine de sagesse et de courage qui nous est présentée, qui a su faire vibrer mon cœur. En plus d’être un film qui dénonce, c’est un film qui vous émeut, qui vous fait voir le monde d’un œil différent. Un film à voir !

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