Big Bones, de Laura Dockrill

Je lis peu de romans de la collection R en général, mais s’il y en a bien un qui avait attiré ma curiosité ces dernières semaines, c’était bien Big Bones. Belle découverte pour certains, abandon pour d’autres, j’ai vu un tas d’avis différents fleurir sur la toile concernant ce roman. Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de me faire ma propre opinion !

L’histoire

Salut, moi, c’est Bluebelle, alias BB, alias Big Bones, rapport à mes « gros os ». J’ai seize ans, je suis une gourmande, et je ne m’en cache pas. En même temps, ce serait un peu difficile à dissimuler, vu mes rondeurs… Seul souci, après une crise d’asthme, maman m’a emmenée chez un médecin qui m’a OBLIGÉE à tenir un journal de ce que je mange. Sauf que moi, je m’aime comme je suis, et je n’ai aucune envie de guérir puisque je ne suis pas malade ! 

Mon avis

Il est rare que je ne sache pas quoi dire sur un roman, et que je ne sache pas dire si j’ai aimé ou pas. Je sais que j’ai apprécié Big Bones d’une manière générale, mais certaines choses m’ont dérangée dans le livre. J’ai donc un avis partagé, et je vais essayer de donner un avis clair sur mon ressenti !

Je pense que mon ressenti un peu étrange sur le roman vient de mon ressenti étrange par rapport à l’héroïne. Je ne sais pas du tout si je l’ai apprécié ou non. D’un côté Bluebelle m’a fait sourire, avec son humour et son rapport à ses rondeurs, qu’elle aime et assume. Et d’un côté elle est toute en contradictions, et prend de drôles de décisions que je n’ai pas toujours comprise : elle veut arrêter ses études mais sans savoir quoi faire de sa vie, elle sait que son poids la met en danger mais est dans le déni total de ce qu’elle peut perdre à cause de ça. Alors oui, c’est une adolescente, elle a 16 ans, et elle évolue au fil des pages, mais son côté borderline et égocentrique m’a agacé à certains moments, et ses questionnements me l’ont rendue profondément attachante. Je levais parfois le nez de mon roman en me disant que la vie de Bluebelle était tout de même profondément triste, et qu’elle ressentait un malaise de vivre évident.

Je pense sincèrement que le rapport que l’on a avec ce roman vient du rapport que l’on entretient avec son corps et la nourriture. Moi-même qui suis en surpoids (et le vis mal, disons-le clairement), ce roman a su me parler. Il m’a rappelé le déni qui m’habitait quand les premières conséquences du surpoids sont apparues par exemple. J’ai admiré Bluebelle par son applomb et sa confiance en elle, son excentricité et sa franchise. Mais j’avais aussi envie de la remuer et de lui dire de faire attention à elle, même si je comprenais totalement son déni et ses contradictions.

Après, certains passages m’ont énormément gêné dans le roman. Ils m’ont gêné car ils étaient glauques, mais en plus inutiles. Je pense notamment à une scène se passant un matin dans le jardin au milieu des voisins, et d’une autre scène encore pire qui relate un souvenir d’enfance de Bluebelle et sa petite soeur. En lisant les chapitres concernés, j’étais vraiment mal à l’aise, notamment pour la scène concernant le jeu d’enfance. C’était vraiment bizarre, et inutile par dessus le marché. Bluebelle a un drôle de rapport avec la pudeur, et vraiment c’était bizarre de lire ce genre de scène…

Il faut dire aussi que l’histoire n’est pas dingue. Suivre Bluebelle pendant l’été de ses 16 ans, voilà en gros ce qui est proposé par Laura Dockrill. Et même si l’héroïne évolue pendant ces deux mois, l’histoire manque clairement de relief. Il se passe des petites choses, mais rien de franchement excitant, notamment pendant la première moitié du roman qui est assez plate. Au final le tout est un peu brouillon, l’auteure abordant un tas de thématiques différentes sans aller tout à fait au bout de son idée, du coup en tant que lecteur, il est difficile de s’y retrouver et de donner une vraie conclusion au livre.

Je n’ai donc pas de recommandation particulière à émettre sur Big Bones, à part que vous l’apprécierez plus ou moins en fonction de votre caractère et de votre rapport au corps et à la nourriture. Une expérience de lecture particulière, qui pour ma part a su me toucher.

5 réflexions sur “Big Bones, de Laura Dockrill

  1. Ayant souffert d’anorexie, et toujours en plein anorexie mental, c’est le genre de livres que je ne peux pas encore me permettre de lire. Cela est trop « triggering » pour moi…mais j’espère un jour pouvoir le faire…cela sera un signe que je suis en train de guérir. Merci mon ton avis en tout cas, j’ai bien compris ton ressenti par rapport à la lecture du titre ^^

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