Les gratitudes, de Delphine de Vigan

Comment résister à un nouveau roman de Delphine de Vigan ? Ne dit-on pas que le meilleur moyen de céder à la tentation, c’est d’y céder ? Et bien moi, j’ai suivi l’adage, en remerciant NetGalley au passage !

L’histoire

« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences. Et la peur de mourir. Cela fait partie de mon métier. Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »
Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.

Mon avis

Delphine de Vigan m’a une nouvelle fois offert un très beau moment de lecture avec ce roman, tout en sensibilité. L’histoire de Michka a su toucher mon coeur de beurre, et je suis ressortie de ce roman avec un mélange de mélancolie et de bienveillance.

Il m’est clairement impossible de rester insensible à la plume de Delphine de Vigan. La manière dont elle construit ses phrases, dont elle choisit ses mots (particulièrement dans ce texte qui se joue de la langue française), dont elle pose ses situations, et nous présente en deux pages ses personnages et les liens qui les unissent me happe toujours. Peu d’auteurs ont une écriture d’une sensibilité égale à la sienne, et cette sensibilité me rend moi-même à fleur de peau pendant les quelques moments de lecture.

Le roman m’a énormément touchée, dans le sens où il m’a ramené à des préoccupations auxquelles il m’arrive souvent de réfléchir : la déchéance de la vieillesse, et l’importance de dire les choses et les sentiments qui nous animent avant de regretter un silence inutile. Delphine de Vigan ne propose pas un roman sur la vieillesse, mais sur l’importance et la beauté de l’échange. Et même si les émotions liées à l’évolution de l’était physique et psychique de Michka est bouleversant, il ressort de ce texte un sentiment de mélancolie et de bienveillance qui m’a touché en plein coeur.

Je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur ce court roman, d’une sensibilité et d’une authenticité rare. Un texte profondément humain et riche, qui pour ma part a su me bouleverser, et que j’ai dévoré !

 

4 réflexions sur “Les gratitudes, de Delphine de Vigan

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