Vox, de Christina Dalcher

Paru au printemps dernier, Vox n’avait pas tardé à rejoindre ma pile à lire après sa sortie. Une bande-annonce alléchante, une couverture énigmatique, et un résumé intrigant aux faux airs de La Servante écarlate, il ne m’en fallait pas plus pour craquer. C’est donc avec beaucoup de plaisir et d’attentes que je l’ai sorti de mes étagères pour le Club de lectures féministes de Carnet Parisien !

L’histoire

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…

Mon avis

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, qui n’est pas exempt de défauts, mais développe bien ses thématiques autour du pouvoir du langage et du féminisme.

Dès les premières pages, le livre m’a happé dans son univers dystopique fort. Impossible de ne pas penser à La Servante écarlate en lisant ce roman, tellement l’univers est ressemblant : l’histoire se passe dans un univers moderne, dans lequel le pouvoir a été pris par des intégristes religieux, et où les premières à en faire les frais sont forcément les femmes. Cette fois-ci, c’est à travers la parole qu’on s’attaque à leur liberté et qu’on les soumet. Et j’ai trouvé ce parti pris très intéressant, d’autant plus que le roman est raconté à la première personne du singulier, ce qui nous immerge totalement dans l’univers et dans les problématiques du personnage principal.

Le roman exploite très bien la thématique de l’importance du langage, et nous montre que le langage est ce qui peut nous rendre tous égaux et humains. Je ne pas pu m’empêcher de tenter l’expérience chez moi, et rien que raconter le résumé du roman à mon chéri m’a pris 42 mots. Soit presque la moitié du quota accordé aux femmes dans ce roman… Mais le plus dur, ce n’est pas la difficulté qu’a l’héroïne de voir son rôle , familial tant que professionnel, amenuisé; c’est de voir que ces changements commencent à trouver une légitimité chez ses proches, notamment chez son fils aîné. L’effet de la propagande et de la manipulation de masse est très bien exploité dans ce roman également.

J’ai cependant un petit (voire un gros) souci avec la fin. A partir des 2/3 du roman, l’autrice change totalement de bord, et nous propose presque un roman d’action. Et là j’ai un peu lâché pour être honnête, car c’était trop ! Trop d’action, trop de non sens, trop de rebondissements, de personnages qui sont sensés ne pas être là alors qu’ils sont là finalement, et de personnages dont on ne sait même pas comment ils sont arrivés là… J’ai eu l’impression que cette fin hollywoodienne était une manière de bâcler le roman. L’épilogue ne fait que deux pages et n’a aucun sens, sans parler du dénouement final du final qui n’est pas du tout expliqué et donc difficilement compréhensible. Une fin hollywoodienne façon blockbuster, très bien, mais avec du développement please !

Malgré cette fin de roman qui ne m’a pas convaincue, je reste charmée par cette lecture, que j’ai trouvé très forte. Vox reste une dystopie engagée efficace, qui nous rappelle à quel point les droits des femmes restent fragiles.

7 réflexions sur “Vox, de Christina Dalcher

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