Girl, d’Edna O’Brien

Girl est un roman à côté duquel je ne voulais surtout pas passer, de par son résumé intrigant que par son autrice que j’ai envie de découvrir depuis longtemps. C’est avec enthousiasme, mais un peu de crainte, que j’ai ouvert ce roman emprunté à la médiathèque.

L’histoire

S’inspirant de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en 2014, l’auteure irlandaise se glisse dans la peau d’une adolescente nigériane. Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle, comme en apnée, le rapt, la traversée de la jungle en camion, l’arrivée dans le camp, les mauvais traitements, et son mariage forcé à un djihadiste – avec pour corollaires le désarroi, la faim, la solitude et la terreur.
Le plus difficile commence pourtant quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eue en captivité.

Mon avis

Pfiou, quelle lecture éprouvante ! Il m’a été impossible de rester impassible en lisant ce roman, tant son histoire est terrible et son écriture puissante.

Edna O’Brien a su me happer dans son univers dès les premières lignes du roman. J’ai immédiatement été transportée au Nigeria, dans cette école de filles, terrorisées par la situation qu’elles affrontent. Pas besoin de connaitre mon héroïne, pas besoin de planter de décor plus détaillé, la situation fait que les émotions sont là. La peur, intrinsèque à chaque humain, et ici, spécifiquement à chaque femme, est là. C’est dur de lire ces choses-là, très dur.
Et puis après le choc et la peur, arrivent l’horreur et le chaos. Ne plus exister, renoncer petit à petit à sa condition d’être humain pour n’être qu’un objet d’assouvissement. Et le plus dur, c’est cet espoir d’être sauvé, inassouvi, et qui s’amenuise avec les mois qui passent… Et un jour, le chaos, la fuite, l’espoir de retrouver sa famille, son statut d’être humain, mais est-ce encore possible ?

Je ne vais pas faire trainer les choses plus longtemps : j’ai adoré ce roman. Alors oui, il est dur, terrible, très sombre. Mais tellement humain ! J’ai plongé avec l’héroïne Maryam dans l’enfer des camps djihadistes, j’ai ressenti l’humanité qui la quittait ainsi que ses camarades, j’ai senti la folie la gagner. J’ai partagé sa haine, son désespoir, et senti son coeur se fermer face à la vie. J’ai rarement ressenti les émotions d’un roman aussi vivement, et mon coeur est resté serré de la première à la dernière ligne du livre.

Edna O’Brien a une écriture très tranchée; pas de fioritures, pas de détails inutiles, pas de descriptions trop précises. Ce sont des émotions, des impressions, et des faits brutaux qui sont décrits. A chacun de le ressentir de la manière dont son coeur le lui dicte, bien que l’horreur décrite n’ouvre pas la voie à nombre de sentiments différents. Il reste selon moi impossible de rester impassible face à ce roman et à l’horreur qu’il décrit. L’autrice a le don de mettre en perspective la contradiction humaine, notamment face à la religion et à la place des femmes, et le traitement de cette thématique m’a beaucoup plu.

Je vous conseille très chaudement de lire ce roman, en y étant préparé. Il vous remuera les tripes, vous laissera errant au bord de la route, mais n’est-ce pas le rôle des livres, parfois, de nous chambouler ?!

2 réflexions sur “Girl, d’Edna O’Brien

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