La bonne épouse, de Martin Provost

4714957Sentant venir rapidement la fermeture des lieux recevant du public en raison de l’épidémie actuelle, je me suis rapidement rendue en salle pour voir une sortie de mars qui me tentait bien : La bonne épouse. Un film qui me paraissait de facture plutôt classique, mais qui avait Juliette Binoche pour tête d’affiche, de quoi attirer ma curiosité !

L’histoire
Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Paulette Van Der Beck dans son école ménagère. Ses certitudes vacillent quand elle se retrouve veuve et ruinée. Est-ce le retour de son premier amour ou le vent de liberté de mai 68 ? Et si la bonne épouse devenait une femme libre ?

Mon avis
J’ai passé un bon moment devant La bonne épouse, qui, même s’il ne sera pas qualifié de Film de l’année 2020, a le mérite de rappeler quelques principes de bases féministes. Après, en est-on encore là en 2020 ? Je ne pense pas…

En ressortant de la salle, je me suis rendue compte que je n’avais pas appréhendé La bonne épouse comme il le fallait. Je suis allée en salle en attendant un film féministe. C’est ce que j’ai eu, mais, selon moi, le féminisme passe en second plan. La bonne épouse est avant tout un film sur le passage d’une époque à l’autre, sur la période charnière qu’a représenté l’année 1968 dans l’évolution des moeurs. Dans ce film, il est avant tout question de l’évolution de la condition féminine à cette période, où se posent les questions de l’avortement, de la pilule, et du plaisir sexuel féminin.

La Bonne épouse : Photo Yolande Moreau

J’ai beaucoup apprécié le casting de ce film, notamment les trois rôles principaux tenus par Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky. Juliette Binoche révèle sa beauté et son magnétisme au fil des scènes, Noémie Lvovsky fait flipper, et Yolande Moreau est toujours aussi fantasque et attachante. Les jeunes comédiennes qui incarnent les élèves sont également formidables, Marie Zabukovec en premier lieu qui est absolument lumineuse. Les décors et costumes sont également réussis et rendent le film très agréable à regarder.

La Bonne épouse : Photo Edouard Baer, Juliette Binoche

Malgré cela, je reste sur ma réserve. J’ai trouvé que le traitement des personnages était très bancal, et manquait cruellement de profondeur. Oui, le film est une comédie, mais passer d’une bonne soeur prête à tuer une étudiante qui fait le mur à une féministe engagée, d’une minute à l’autre du film, mouais… Le seul personnage correctement traité est celui incarné par Juliette Binoche. La fin du film est également un gros délire, auquel je ne m’attendais pas; la surprise était-elle bonne ? Oui, mais l’expérience étrange…!

La bonne épouse ne restera pas dans ma mémoire comme LE film à voir absolument pour réveiller une conscience féministe, mais est, selon moi, un bon objet cinématographique pour se représenter le bouleversement qu’ont pu représenter les événements de mai 1968 du point de vue des femmes, et le basculement d’une époque à l’autre.

2 réflexions sur “La bonne épouse, de Martin Provost

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