Reines de sang, de Philippa Gregory

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j’ai une passion pour l’Histoire. Cette passion a commencé avec la période des Tudors, dont les femmes sont mises en scène dans les romans de Philippa Gregory, une référence du roman historique. Quand ma copine Alix m’a proposé une lecture commune sur Reines de sang, que j’avais emprunté à la médiathèque, j’ai sauté sur l’occasion; cela faisait bien trop d’année que je n’avais pas lu un roman de Philippa Gregory sur les Tudors !

L’histoire

Jane, Catherine et Mary Grey sont trois sœurs qui ne souhaitent rien d’autre que profiter des beautés de ce monde, de leur jeunesse, et de trouver l’amour. Mais leur héritage royal font d’elles des cibles aux yeux de leurs cousines : Marie et Élisabeth qui se partageront successivement la couronne d’Angleterre et redoutent plus que tout de la perdre. Chacune d’entre elles est cependant déterminée à prendre les rênes de leur propre destin pour être la dernière Tudor même si cela signifie risquer sa vie et vivre ses derniers instants à la Tour de Londres. Dans ce jeu de pouvoir, qui sera la dernière Tudor ?

Mon avis

J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman, qui n’est pas mon Philippa Gregory préféré, mais m’a fait découvrir les destins cruels de Catherine et Mary Grey, que je ne connaissais absolument pas.

Le roman se divise en trois parties, chacune étant consacrée à une des soeurs Grey. La première partie traite de Jane, la deuxième de Catherine et la dernière de Mary. Le fait de ne pas mélanger les points de vue peut poser problème, car le roman perd un peu de rythme; pour ma part, j’aime les romans chorale qui me permettent d’apprécier les multiples facettes d’une personnalité ou d’une situation, et là le point de vue unique était parfois pesant. Cependant, cette division permet de découvrir les personnages dans leur plus profonde intimité, ce que j’ai beaucoup apprécié tout de même, d’autant plus que Catherine et Mary m’étaient totalement inconnues, et que je ne connaissais que peu la personnalité de Jane.

Philippa Gregory est très douée pour parler de la vie des femmes de l’époque. A travers le destin des soeurs Grey, elle conjugue la difficulté d’être membre de la famille royale après des années de guerres et de complots suite au règne chaotique d’Henry VIII, celle d’être une femme de base, qui en plus souhaiterait être libre. Contrairement aux autres héroïnes de Philippa Gregory, ce roman parle de femmes qui ne veulent rien à voir à faire avec le pouvoir, mais qui seront victimes du potentiel pouvoir qu’elles pourraient avoir. Chaque soeur a eu un destin cruel, qui lui est propre, mais chacune a eu pour point commun celui d’être victime d’une Reine, et pire, d’une cousine.

Car je dois bien avouer que ce roman m’a donné un tout autre point de vue sur la Reine Elizabeth Ière. J’étais très admirative de son parcours et de sa puissance, mais ce roman fait ressortir pour beaucoup sa part d’ombre. Elle y est décrite comme une personne égocentrique, capricieuse, colérique, avide de pouvoir, et paranoïaque. Ses premières victimes sont donc celles qu’elle considère comme ses principales rivales : ses cousines, potentielles prétendantes au trône. Cela va donner lieu à des situations épouvantables, qui sont aujourd’hui totalement tombées dans l’oubli du fait de l’aura qu’a acquis la Reine au fil des siècles. Le roman, même s’il est romancé évidemment, a ce mérite de remettre l’église au milieu du village et de rappeler ce qu’une paix peut briser.

J’ai eu beau adoré découvrir ces trois soeurs, je suis restée quelque peu sur ma faim concernant la construction. Au-delà du fait que j’aime les romans chorale, qui peuvent en plus avoir un certain intérêt pour juger de certaines situations historiques, j’ai trouvé le roman assez long. Les trois parties sont très inégales, celle concernant Catherine étant trois fois plus épaisse que les deux autres, ce que j’ai déploré. Cela a donné lieu, la concernant, à pas mal de redondances et de répétitions. Mais cela n’enlève en rien tout l’intérêt historique du roman, bien au contraire : si vous lisez ce roman pour vous imprégner d’une époque, il vous plaira ! Après, ça reste un roman de Philippa Gregory, qui n’hésite pas à largement romancer ses récits à coups de dialogues et autre détails. Mais le livre est excellemment bien documenté, et se lit tout seul !

Cette lecture m’a rappelée à quel point j’aimais les romans de Philippa Gregory; j’ai donc décidé de lire tous ceux qui étaient dans ma PAL, et j’en ai quelques uns (beaucoup)… Retrouver cette période historique que j’aime tant m’a fait du bien, et j’ai hâte de découvrir les autres femmes Tudors !

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