Il n’est pire aveugle, de John Boyne

Dès qu’un nouveau roman adulte de John Boyne sort, je me rue dessus ! Depuis ma lecture des Fureurs invisibles du coeur, qui avait été un coup de coeur intersidéral (cliquez ici pour lire ma chronique), je veux lire tous ses romans adultes. Donc je n’ai pas hésité plus d’une demi-seconde avant de solliciter Il n’est pire aveugle, son dernier roman, sur NetGalley, sans même savoir de quoi le roman allait parler.

L’histoire

Propulsé dans la prêtrise par une tragédie familiale, Odran Yates est empli d’espoir et d’ambition. Lorsqu’il arrive au séminaire de Clonliffe dans les années 1970, les prêtres sont très respectés en Irlande, et Odran pense qu’il va consacrer sa vie au « bien ».
Quarante ans plus tard, la dévotion d’Odran est rattrapée par des révélations qui ébranlent la foi du peuple irlandais. Il voit ses amis jugés, ses collègues emprisonnés, la vie de jeunes paroissiens détruite, et angoisse à l’idée de s’aventurer dehors par crainte des regards désapprobateurs et des insultes.
Mais quand un drame rouvre les blessures de son passé, il est forcé d’affronter les démons qui ravagent l’Église, et d’interroger sa propre complicité.

Mon avis

J’ai passé un excellent moment de lecture, comme seul John Boyne sait le faire. J’y ai trouvé tout ce que j’aime dans l’univers de cet auteur : un thème d’une puissance extraordinaire, et une plume pudique et délicate. Ce roman n’est pas un coup de coeur, mais je ne cesserai de le recommander !

John Boyne a réussi à me cueillir dès les premières pages de son roman. Il réussit à chaque fois à me happer avec un univers recelant beaucoup de secrets que l’on sent très émouvants, et la voix d’un personnage principale toujours percutante. Ici, la voix d’Odran nous entraine au coeur d’une Irlande ultra-catholique, qui semble tout à fait lui convenir. Et suivre ce personnage sur une cinquantaine d’années va révéler des secrets, des faux-semblants, et des non-dits qui vont forger le destin de ce personnage et la puissance de ce récit.

J’ai énormément apprécié la manière dont John Boyne a construit son récit, en nous baladant d’une année à l’autre, faisant parfois des sauts de quarante années dans le temps. C’est une construction qui peut paraitre incongrue, et pourtant elle est travaillée dans le sens où elle sert totalement le mystère mis en place par l’auteur autour de son intrigue. Un mystère qui n’est pas qu’un simple mystère, mais qui recèle une puissance et une émotion dingues. C’est une thématique extrêmement forte, actuelle, grave et universelle dont parle John Boyne dans son roman.

Et pour en parler, il fait preuve d’une grande pudeur dans sa plume, ce qui est extrêmement appréciable. C’est un roman sans jugement, sans parti pris, qui ne tombe ni dans le pathos, ni dans le sensationnalisme, ni dans le voyeurisme, alors que le thème pourrait facilement s’y prêter. Et c’est cela qui rend ce roman si beau et si terrible à la fois. Ce roman m’a offert des scènes inoubliables, belles ou atroces, d’une tension et d’une émotion extrêmes. Le personnage d’Odran, qui reste spectateur de son destin et de l’évolution de son monde, nous offre une vision très naïve de l’histoire, qui fait appel à notre propre coeur pour l’apprécier dans sa globalité.

Je recommande chaudement ce roman, et plus globalement tous les romans adulte de John Boyne, auteur incontournable qui réussit à chaque fois à m’émouvoir. Une réussite !

2 réflexions sur “Il n’est pire aveugle, de John Boyne

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