Benedetta, de Paul Verhoeven

Quel plaisir de pouvoir retourner en salle ! Je n’ai pas eu l’occasion d’aller au cinema pendant mes vacances, mais dès que je suis retournée sur Paris pour le travail, je n’ai pas hésité avant de prolonger ma présence par une petite séance. Et j’ai évidemment porté mon dévolu sur le dernier film de Paul Verhoeven, Benedetta, dont la bande-annonce et le sujet m’avaient fortement intriguée.

L’histoire
Au 17ème siècle, alors que la peste se propage en Italie, la très jeune Benedetta Carlini rejoint le couvent de Pescia en Toscane. Dès son plus jeune âge, Benedetta est capable de faire des miracles et sa présence au sein de sa nouvelle communauté va changer bien des choses dans la vie des soeurs.

Mon avis
Bon… Autant le dire tout de suite, je n’ai pas adhéré à ce film. La séance avait très bien commencé, avant que le film ne tende vers un mélange des genres qui m’a fait totalement décrocher. Dommage !

Dommage car comme je l’ai dit, tout avait très bien commencé. Dès les premières images j’ai été imprégnée par l’ambiance très monacale, la lumière, les décors, l’espèce de huit-clos minimaliste sans être rude dans lequel nous plonge le réalisateur. Et surtout, je me suis attachée au personnage de Benedetta, dont je ne connaissais pas l’histoire initiale (qui est vraie), mais qui a su m’attendrir par sa naïveté et son intelligence. J’étais sceptique et en même temps fascinée par cette jeune fille devenue femme, et ses visions incroyablement sensuelles du Christ. Ces visions, évidemment d’un kitsch ultime, m’ont fascinée par leur côté très romanesque plutôt que par leur côté ridicule. Bref, j’étais dans le film, et j’y étais bien.

Benedetta: Virginie Efira

Et puis, à la moitié du film, tout a basculé… A partir du moment où Paul Verhoeven a commencé à trop mélanger les genres, j’ai totalement décroché. Certaines scènes sont parties beaucoup trop loin pour moi, retirant brutalement tout l’aspect fascinant du personnage et de l’histoire. J’ai notamment une scène de sexe entre Benedetta et Bartolomea en tête, qui a fait rire toute la salle tellement elle manquait de sensualité et d’une quelconque sorte de tension. En gros, le film part d’un personnage fantastique pour se transformer en pseudo-comédie sordide, aux dialogues caricaturaux, sans aucune tension érotique.

A un certain moment, le film devient uniquement prétexte à des scènes de sexe dans tous les sens… sans que ça ait forcément de sens. Le sexe est prétexte à tout, et du coup à rien. Alors évidemment que c’est l’un des thèmes du film, mais la manière dont il est traité et surtout, à quel point cette thématique est traitée de manière vaine, rend le tout ridicule, voire pénible. Et c’est tellement dommage car l’histoire de Benedetta méritait un traitement de fond peut-être différent que la seule découverte de la sexualité…

Le climax m’a plutôt plu, offrant du grand spectacle assez bienvenu à la fin de ce huit-clos assez étrange. Malheureusement, il n’a pas suffi à rattraper la déception des scènes précédentes; surtout que la toute dernière scène du film se sert encore une fois beaucoup trop des corps, sans qu’aucune sensualité ou érotisme n’en ressorte. Trop de tripotage inutile tue le tripotage inutile.

Je suis ressortie au final assez déçue de ma séance, car assez déçue de l’évolution des personnages, et troublée par un mélange des genres assez maladroit. Dommage…

Une réflexion sur “Benedetta, de Paul Verhoeven

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