La prisonnière du roi, de Gilbert Bordes

Une couronne sur une couverture, le mot « roi » dans le titre, et vous pensez que je n’allais pas m’intéresser à ce livre ?! C’est bien mal me connaitre ! Ajoutez à cela le fait que ce soit tiré de l’histoire vraie de la Reine Ingeburge de Danemark au Moyen Âge, et vous avez une lectrice heureuse et enthousiaste à l’idée de lire ce roman !

L’histoire

Ingeburge, princesse danoise de grande beauté, devient reine de France le 15 août 1193. Or, dès le lendemain, le roi Philippe Auguste la répudie et la place sous la protection de Guilhem de Ventadour, colosse tonitruant, chevalier troubadour maniant aussi bien l’épée que la vielle. Ainsi commence un amour insensé entre le chevalier et la reine sans trône, enfermée dans des couvents successifs. Bientôt le pape s’en mêle et exige de Philippe Auguste qu’il reprenne son épouse.

Mon avis

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, qui ne sera pas inoubliables, mais a le mérite de parler de l’histoire tragique de la reine Ingeburge, que j’ai bien apprécié !

C’est ce que je préfère dans les romans historiques, qu’ils nous présentent les destins oubliés de figures qui ont pourtant compté ! Et c’est le cas d’Ingeburge de Danemark, reine déchue, maltraitée par son époux Philippe Auguste – dont on se rappelle bien, lui… J’ai adoré découvrir ce personnage qui est LE personnage de la princesse tel qu’on le connait, et le respecte malgré toutes les contradictions actuelles qu’il porte; elle sait qu’elle est née princesse et n’est pas destinée bonheur, qu’elle doit se soumettre aux demandes et désirs de son époux et de son rang. Ingeburge, c’est la figue anti-féministe ultime, et en même temps c’est une femme à l’abnégation et au courage hors du commun. J’ai adoré ce personnage, qui a forcément été romancé par l’auteur, mais dont la force et la personnalité m’ont fascinée !

A côté d’elle pullulent un essaim de personnages masculins tous aussi différents et intrigants les uns que les autres. A commencer par le roi Philippe Auguste, considéré comme un très grand roi dans notre histoire populaire, mais qui ici est tout sauf attirant. Entre son physique ingrat et sa personnalité dure et lunatique, il ne vend pas du rêve, et est bien loin des jolis portraits qui le dépeignent… A côté de ce roi peu sympathique se dresse Guilhem de Ventadour, musicien, poète, romantique bien que graveleux, fort et toujours prêt à aller défendre sa belle. On sent que l’auteur se joue des codes du conte de fée dans ce roman; ça ne m’a pas dérangé, loin de là, même si le manque de subtilité de certains personnages m’a un peu déçue.

J’ai beaucoup apprécié la plume de Gilbert Bordes, que j’ai découverte avec ce roman. Je lui ai trouvé un aspect narratif proche de celui du conte, avec une certaine distance instaurée avec les personnages, et même si cela aurait pu me gêner d’un certain côté, ça a renforcé l’aspect romanesque de ma lecture. Peut-être est-ce dû au fait qu’elle se déroule en plein Moyen-Âge, et que l’imaginaire a dû être davantage exploité que pour un roman contemporain, ce qui fait que cette narration m’a convenue. Elle décrit les personnages et les événements de manière très sporadique, mais tout de même avec profondeur. Il se joue des mythes et légendes de l’époque, et apporte beaucoup d’ésotérisme à son récit, ce que j’adore ! Je ne m’arrêterai pas là avec cet auteur, que je sais prolifique.

Même si ce n’est pas une lecture inoubliable, j’ai beaucoup apprécié La prisonnière du roi, qui m’a fait découvrir un couple royal hors du commun et une héroïne qui sera, elle, pour le coup, inoubliable !

5 réflexions sur “La prisonnière du roi, de Gilbert Bordes

  1. Je ne connaissais pas du tout ce personnage historique et tu me donnes envie de la découvrir, elle et son univers, même si elle risque aussi de m’irriter lol
    En tout cas la couverture m’a fait penser à ceux de The White Queen et les suites…

    Aimé par 1 personne

  2. C’est vraiment super quand enfin on s’intéresse à introduire les personnages féminins qui ont marqué l’histoire dans les romans, on en parle rarement des reines du moyen-âge qu’on oublie leurs influences sur l’histoire. Personnellement je ne connaissais pas la reine Ingeburge ,c’est votre revue sur ce roman qui me l’a fait découvrir. Merci.

    Aimé par 1 personne

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