Hors de toi, de Sandrine Girard

J’ai (enfin !) commencé à lire les quelques romans sollicités dans le cadre de la rentrée littéraire ! Oui, je sais, ce n’est pas trop tôt… Et c’est le premier roman de l’éditrice Sandrine Girard, Hors de toi, dont j’avais lu de bons avis, qui a eu l’honneur suprême d’être le premier lu !

L’histoire

« Puisqu’ils ne savent pas, puisque l’angoisse te suit partout où tu vas, c’est à toi, jour après jour, souffle après souffle, d’inventer ta survie. »
Alice a cinq ans, six ans, sept ans, onze, quinze, vingt-cinq… Elle vit intensément chaque rencontre, chaque bain de mer, chaque instant. Et la rage bout en elle, une rage compacte qui explose par intermittence quand elle ne la retourne pas contre elle-même. Ses parents ont divorcé. Ballottée d’un foyer à l’autre, elle endure en apnée la présence de ses beaux-parents: la cruauté d’une belle-mère jalouse, l’alcoolisme d’un beau-père brutal. Nulle part, elle n’est en sécurité. Ce qu’Alice cache, y compris derrière sa soif de vivre inextinguible, ce sont les violences qu’elle subit au quotidien. Car toutes ces années, Alice se tait.

Mon avis

J’ai beaucoup apprécié ce premier roman, extrêmement percutant, à la construction travaillée et à la mise en abime intelligente. Pour un premier roman Sandrine Girard frappe fort, et réussit à imposer un style !

Attention, si vous êtes sensible aux sujets relatifs à la violence domestique, réfléchissez à deux fois avant d’ouvrir ce livre, qui ne parle que de cela. Sandrine Girard nous plonge dans la vie d’Alice sur plusieurs années, une vie où la violence a malheureusement une place prépondérante depuis son plus jeune âge, et qu’elle emmène avec elle jusqu’à l’âge adulte. C’est une thématique très forte qui est développée ici par l’autrice, qui peut donner lieu à des scènes très dures. Pour autant, le livre n’est pas du tout voyeuriste, la plume reste très pudique, et s’attache davantage au ressenti d’Alice qu’à la force des coups qu’elle subit.

Le roman ne décrit que le point de vue d’Alice, ce qui rend le tout très émouvant. Il se déroule sur plusieurs années, et nous montre les conséquences de cette enfance violente sur cette jeune femme, qui a appris trop tard à vivre plutôt qu’à survivre. J’ai déjà lu des romans sur les violences conjugales, mais la lecture d’un roman sur les violences domestiques où un enfant est au centre de l’attention, ce fut une première. Et j’ai trouvé le roman très juste. Même si j’ai parfois été perdue par la manière dont l’autrice joue avec la temporalité, passant de l’enfance à l’âge adulte puis par l’adolescence puis repasse par l’enfance; j’ai compris son choix, mais j’ai l’impression que cela m’a parfois empêché de bien appréhender l’évolution du personnage.

Sandrine Girard est indéniablement une plume à suivre, et j’espère que ce premier roman ne sera pas son dernier. J’ai beaucoup apprécié son écriture, très brute, synthétique, mais nimbée d’une espèce de justesse et de poésie. Elle a l’art de décrire la violence sans décrire les coups, donnant une pudeur au récit que j’ai beaucoup apprécié. Et surtout, elle se concentre sur la manière dont l’enfant appréhende, comprend et assimile cette violence quotidienne, qui fait partie de son monde et qu’elle intègre sans s’en rendre compte. Certaines phrases sont bouleversantes, non dans leur brutalité mais dans leur sensibilité.

Hors de toi est un roman très intéressant, très bien écrit, sensible mais dur. Une belle découverte !

Une réflexion sur “Hors de toi, de Sandrine Girard

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