Armande ou le chagrin de Molière, d’André Versaille

Cette année, Molière a 400 ans, une bonne occasion pour en découvrir un peu plus sur son œuvre et sa vie. Quand NetGalley et les éditions Presses de la cité ont proposé le roman Armande ou le chagrin de Molière, qui revenait sur son mariage, j’ai foncé !

L’histoire

Ce « journal », Armande Béjart le tient une année durant. Commencé le 17 février 1699, vingt-six ans après la mort de Molière, il s’achève une dizaine de mois avant sa propre mort. Il est le récit intime et secret d’une femme qui se demande ce qu’elle a fait de sa vie. Et si, au bout du compte, elle était passée autant à côté d’elle-même que de son mari ?
 » Nous étions tous deux malheureux. Toi de mon désamour ; moi, de me sentir prisonnière. Tu vivais dans le souvenir d’une flamme qui n’était plus que la tienne. D’où donc te venait cette force qui s’obstinait à maintenir ce fantôme vivant ?
J’avais été heureuse avec toi, mais qu’étions-nous devenus sinon des mariés apparemment satisfaits de leur chasteté ? Alors, lassée de remonter chaque soir dans notre chambre qui ne résonnait plus d’aucune étreinte, seulement de mes soupirs et de ton ronflement, je te chassai de mon intimité.
J’avais rêvé d’une manière de nous désunir sans nous déchirer, de nous rapprocher sans nous rejoindre. Je n’étais plus amoureuse de toi, je voulais être libre, mais quoi que je fisse pour me séparer, je ne parvenais pas à renoncer à toi. « 
Vingt-six ans après la mort de Molière et au terme d’une existence remuée de théâtre, de passions amoureuses, de libertinage et de déceptions, Armande, sentant sa fin prochaine, désire faire le point sur sa vie. Pendant près d’un an, elle s’astreindra à se remémorer l’aventure de la troupe avec ses grands moments, et en même temps la manière dont elle a vécu ses liaisons amoureuses.
À travers ce journal où elle s’adresse à Molière, nous découvrons un portrait du dramaturge regardé à la fois depuis les coulisses et depuis l’alcôve.

Mon avis

Ce roman fut une très très belle découverte, et frôle le coup de cœur ! Le roman est riche en documentation, et surtout, la plume est splendide, rendant la lecture mémorable. Je ne connaissais pas André Versaille, et j’espère qu’il retournera rapidement au genre du roman qui lui sied à merveille !

Ce que je retiendrai principalement de ce roman, c’est la plume d’André Versaille. Celle-ci s’est révélée, au fil des pages, d’une délicatesse incroyable. L’auteur a pris le pari, audacieux, de raconter Molière, à le fois l’homme et son œuvre, à travers Armande, son épouse. Un challenge risqué mais brillamment relevé, tant l’auteur y insère d’émotions qui, mêlées aux nombreux détails de sa vie, en font un roman brillant. Si j’avais possédé ce roman en papier, il aurait fait partie de ces rares romans que j’aurais gardé en ma possession, car je sais que j’aurai envie de le relire un jour, tant pour profiter une nouvelle fois de la plume de l’auteur que pour redécouvrir Molière via un détail qui m’aurait échappé.

En plus d’en avoir appris énormément sur la vie de Molière, notamment personnelle, j’ai plongé dans la vie d’Armande, cette femme qui a épousé un pygmalion, un père et un artiste. La relation tumultueuse entre Armande et Molière m’a beaucoup touchée, car il redonne ses lettre de noblesse à Armande, dont le mariage malheureux lui a donné une réputation terrible, même des siècles plus tard. Le principe du journal est brillant, permettant de donner la part belle aux émotions d’Armande, et nous faisant découvrir un Molière méconnu.

Les seuls petits bémols que j’apporterai à ce livre relèvent de ma propre ignorance. Pour apprécier ce livre à sa juste valeur, il est bon d’en savoir déjà beaucoup sur l’œuvre de Molière, les thèmes de ses pièces et leur contenu. Pour ma part, je ne les collais que très peu (le collège, c’est loin…) et n’ai pas eu l’occasion de les relire. J’ai donc parfois dû me renseigner sur les pièces citées. Par ailleurs, j’ai déploré le manque de petits rappels de dates, qui m’aurait aidé à me repérer chronologiquement parlant. Même si c’est inutile, cela m’aide. Cependant, je ne peux nier que ces manques n’auraient pu apparaitre dans le livre; celui-ci étant construit sous forme de journal s’adressant à Molière, il aurait été étrange d’y trouver des dates ou des résumés de pièces…

Si vous souhaitez en savoir plus sur Molière, et pas seulement via un simple roman biographique, je vous conseille plus que chaudement ce livre, qui m’a ébloui par son écriture et sa richesse documentaire. Attention cependant, vous aurez envie de relire vos pièces de Molière après l’avoir refermé…

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