Le Jardin, Paris, de Gaëlle Geniller

Je vois passer pas mal de romans graphiques sur Instagram, et la couverture de celui-ci m’a immédiatement tapé dans l’œil. Je l’ai donc réservé à la médiathèque, et m’y suis plongée lors d’un de mes traditionnels dimanches graphiques !

L’histoire

Années 1920. Rose est un garçon, et comme toutes les filles qu’il fréquente depuis sa naissance au cabaret dirigé par sa maman, il veut danser. Avec ce second livre, l’autrice de 24 ans, Gaëlle Geniller, frappe fort.
« Le Jardin » est un cabaret parisien au succès grandissant dirigé par une femme. Toutes celles qui y travaillent ont un nom de fleur et l’ambiance y est familiale. Rose, un garçon de 19 ans, est né et a grandi dans cet établissement. Il souhaite à son tour être danseur et se produire sur la scène, devant un public, comme ses amies. Il va rapidement en devenir l’attraction principale.

Mon avis

Quelle belle découverte ! J’ai passé un moment de lecture si doux avec ce roman graphique, que je sais déjà qu’il me marquera longtemps. Peu d’œuvres ont le pouvoir de faire passer des messages forts à travers la douceur, et c’est ce qu’a réalisé Gaëlle Geniller d’une très belle manière !

Que ce soit son scénario, ses graphismes ou ses messages, tout dans ce livre est beau. Mais commençons par le scénario, et les messages véhiculés. A travers le parcours de Rose, l’autrice nous décrit le Paris des années folles, qui laissait peu à peu place à la volupté et à la liberté des corps, à l’art d’être féminin à sa façon. J’ai adoré la manière dont l’artiste a fait évoluer Rose, personnage principal, tout au long de son histoire, en révélant petit à petit sa personnalité, son parcours et ses envies.

Ce roman graphique est une ode à l’épanouissement, à la sororité, et à l’amitié, mais pas seulement. A travers le personnage de Rose, qui s’épanouit au fur et à mesure où sa liberté de corps et de genre s’exprime sur scène, c’est un beau questionnement sur la question du genre qui nous est proposé ici. Ou plutôt, ce qui est brillant, c’est que c’est finalement une question qui ne se pose pas, tellement le personnage de Rose est beau et vivant, et est, tout simplement. C’est en cela que cette histoire marque et touche.

Les graphismes donnent tout leur sens à ces messages humanistes. Ils sont extrêmement bien travaillés, chaque univers disposant de sa propre ambiance à travers une colorisation bien travaillée : les extérieurs sont plutôt pastels, tandis que les intérieurs sont plus foncés mais aussi plus voluptueux. J’ai adoré le travail de Gaëlle Geniller sur les drapés, qui apportent une réelle étoffe à l’atmosphère du livre, qu’ils soient dans les décors ou les costumes. Le graphisme des corps, très épuré mais plein de personnalité, est également très intéressant. Il se dégage des planches de cette œuvre une vraie douceur, mais aussi une volupté comme je n’en avais jamais vues ailleurs.

Je ne peux que vous conseiller ce roman graphique absolument magnifique, tant dans son scénario que dans ses graphismes, et au message si important. Une œuvre comme on en voit trop peu, et une artiste à suivre absolument !

2 réflexions sur “Le Jardin, Paris, de Gaëlle Geniller

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