Couleurs de l’incendie, de Clovis Cornillac

J’avais eu un joli petit coup de coeur il y a quelques années en lisant le roman Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre (cliquez ici pour lire ma chronique); je ne pouvais donc décemment pas passer à côté de son adaptation cinématographique ! Hop, direction la salle obscure ! J’avais déjà adoré l’adaptation d’Au revoir là-haut (cliquez ici pour lire ma chronique), et j’avais hâte de voir si cette « suite-sans-l’être » serait autant réussie !

Synopsis
Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière. Mais elle a un fils, Paul, qui d’un geste inattendu et tragique va la placer sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Mon avis
Quelle très belle adaptation nous livre Clovis Cornillac avec ce film ! J’ai retrouvé toutes les émotions du roman, ajoutées à la beauté de la réalisation, des costumes et des décors. Une petite pépite de film !

Commençons par le point fort du film : son scénario. Celui-ci a pour fond un thème féministe bien appuyé : celui de la vengeance d’une femme envers des hommes qui l’ont détruite. Une femme qui a été victime de son statut de femme de son époque, à savoir fille non initiée par son père aux affaires dont elle hérite, celle d’une célibataire qui possède le pouvoir de repousser un homme, et celui d’une mère qui laisse aux hommes la confiance de former son fils à la vie. Fille, femme, mère : trois statuts dont des hommes vont se servir pour la détruire… mais qui vont aussi l’aider à se reconstruire.

Second thème : celui de l’Europe des années 1930-1940, une époque hybride de l’entre deux-Guerres, qui sonne les prémices de la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi de la mondialisation de la finance. Une époque de Révolution industrielle, et de fracture qui oppose la bourgeoisie et la classe ouvrière. En gros, une société qui évolue, qui se modernise, mais dont les hommes aisés – politiques, industriels et financiers – restent les maîtres, et regardent les femmes et les hommes hors de leur rang de manière dédaigneuse, et se complaisent dans la corruption. Un thème très actuel en soi…

On pourrait croire qu’avec ce scénario de base et cette ambiance, le film serait sombre. Et bien pas du tout ! Certes, nous sommes loin de la comédie, mais le film est très lumineux. Les valeurs qu’il porte sont très fortes et, surtout, les relations entre les personnages sont très belles. J’ai été très émue par certaines scènes, notamment celles qui concernent Paul. Et le film recèle énormément d’humour, dans le caractère et l’attitude de certaines personnages qui sont parfois caricaturés pour appuyer l’absurdité de certains thèmes. Les acteurs sont impeccables dans leurs rôles, Clovis Cornillac, Fanny Ardant, Olivier Gourmet et Benoit Poelvoorde notamment, qui apportent beaucoup de charisme à leurs personnages. La réalisation est très aboutie, avec certaines plans séquence très éloquents, et des décors et costumes fabuleux.

Je vous invite chaudement à arrêter tout ce que vous faites et à foncer en salle de cinéma pour voir ce joli film, bien réalisé, au casting 23907 étoiles, et aux thèmes forts sans être pesants : une réussite totale !

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3 réflexions sur “Couleurs de l’incendie, de Clovis Cornillac

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