Le consentement, de Vanessa Springora

Acheté à sa sortie, j’ai mis du temps pour me décider à lire Le Consentement, témoignage de Vanessa Springora sur sa relation avec Gabriel Matzneff, qui a tant fait parler de lui. Et puis, le week-end dernier, j’ai senti que j’étais prête à affronter cette histoire.

L’histoire

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme.

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Merci, fallait pas : Le sexisme expliqué à ma belle-mère, de Laura Domenge

Depuis mon adhésion au Club de lectures féministes de Carnet Parisien, je découvre les essais. Et pas n’importe quels essais : les essais féministes. Des lectures qui sont toujours de très belles découvertes, dont j’apprécie ressortir avec l’impression d’avoir appris des choses. Merci, fallait pas, était la lecture de novembre du club, que je n’avais pas eu le temps de lire à temps. En ce début d’année, j’ai décidé de rattraper mon retard !

L’histoire

« Encore une qui a couché pour réussir… »
« Quelle piplette ! Une vraie gonzesse, celui-là ! »
« J’ai prévu double ration de patates : il y a beaucoup d’hommes à table ! »
Toutes ces petites phrases…
Ma belle-mère, je l’adore… Elle est même plutôt progressiste sur plein de trucs ! Et pourtant, il y a une chose sur laquelle elle est restée à l’âge de pierre : c’est l’égalité hommes/femmes.
Du coup, j’ai entrepris de lui expliquer, gentiment, tous les sous-entendus que ces petites phrases insinuent l’air de rien, et qui nous réduisent, gentiment toujours, nous les meufs, à des petites choses qui doivent rester à leur place.
A bon entendeur !Lire la suite »

La revanche des princesses, d’un Collectif

Le club de lectures féministes de Carnet Parisien réussit toujours à me faire lire des ouvrages sur lesquels je ne me serais pas pencher en temps normal. Typiquement, cet ouvrage jeunesse n’aurait jamais attisé mon intérêt personnel, sauf pour un éventuel cadeau. Mais le nom des autrices y ayant collaboré et la perspective de donner cet ouvrage à mes filleuls de 7 ans m’ont motivé à le découvrir !

L’histoire

Parce que les princesses ne sont pas toutes de belles endormies, de délicates rêveuses, de romantiques filles sages, ou pas seulement, ou pas toujours… Les princesses prennent leur revanche ! Ici, lassées d’attendre qu’un prince vienne enfin les rejoindre, elles partent elles-mêmes à l’aventure ! Tour à tour espiègles, courageuses et rebelles, au théâtre comme en forêt profonde, rien ne les arrête.Lire la suite »

Vox, de Christina Dalcher

Paru au printemps dernier, Vox n’avait pas tardé à rejoindre ma pile à lire après sa sortie. Une bande-annonce alléchante, une couverture énigmatique, et un résumé intrigant aux faux airs de La Servante écarlate, il ne m’en fallait pas plus pour craquer. C’est donc avec beaucoup de plaisir et d’attentes que je l’ai sorti de mes étagères pour le Club de lectures féministes de Carnet Parisien !

L’histoire

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…Lire la suite »

Ni vues ni connues, du Collectif Georgette Sand

Le club de lectures féministes de Carnet Parisien me permet chaque mois de découvrir un ouvrage vers lequel je ne me serais pas forcément tourner. Ce fut le cas avec l’ouvrage Ni vues ni connues, du Collectif Georgette Sand (que j’ai découvert par la même occasion), accessible à tous en format poche. Après ma lecture fabuleuse des bandes dessinées Culottées de Pénélope Bagieu, j’étais ravie de découvrir les destins de femmes méconnues voire oubliées de la grande Histoire.

L’histoire

Pourquoi les noms comme les exploits des femmes n’apparaissent-ils ni sur les plaques des rues ni dans les manuels scolaires ? N’auraient-elles donc rien fait qui vaille la peine qu’elles soient reconnues ? Pourtant, de plus près, en balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, on découvre que l’Histoire qui est enseignée n’a pas retenu le nom de la femme qui affirme l’existence du système solaire avant Galilée, invente l’art abstrait avant Kandinsky, ou théorise les pulsions de mort avant Freud…Mais pourquoi, et surtout comment ? En décortiquant les mécanismes qui ont fait tomber les 75 femmes de ce livre aux oubliettes, le collectif Georgette Sand met en lumière sur un ton décalé ce qui a été occulté, spolié ou fantasmé. Il révèle également que ce qui rend invisible n’est pas une fatalité et peut même être désamorcé très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.Lire la suite »