Les lettres d’Esther, de Cécile Pivot

Depuis quelques temps j’essaie de me laisser bercer par les résumés des romans pour le choix de mes lectures, plutôt que par le bouche-à-oreille. Il m’arrive trop souvent de lire un roman parce qu’on m’en a dit du bien plutôt que parce que l’histoire m’intéresse vraiment, et j’ai l’impression de passer à côté du principal attrait d’un livre. Pour cette rentrée littéraire, j’ai décidé d’inverser un peu la tendance, et de me diriger vers des livres à l’aveugle. Parmi eux, le dernier roman de Cécile Pivot !

L’histoire

À la mort de son père, Esther, libraire du nord de la France, décide d’ouvrir un atelier d’écriture épistolaire, en souvenir de la correspondance qu’ils entretenaient tous les deux. Cinq personnes répondent à son annonce : Jeanne, 70 ans, dont la colère contre les dérives de la société actuelle reste toujours aussi vive ; Juliette et Nicolas, un couple démuni et désuni face à une sévère dépression post-partum ; Jean, un business man cynique qui ne trouve plus de sens à sa vie ; Samuel, un adolescent rongé par la culpabilité qui ne parvient pas à faire le deuil de son frère, mort d’un cancer. Tous aspirent à bien autre chose qu’à apprendre à écrire, et au fil des lettres, des solitudes sont rompues, des liens se renouent, des cœurs s’ouvrent, des reprochent s’estompent, des mots/maux trop longtemps tus sont enfin écrits, des peurs et des chagrins sont exorcisés.

Lire la suite »

Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor

9782290042397L’été dernier, je me suis lancée dans la préparation de ma pile à lire pour le challenge ABC 2017 (oui oui, je prends de l’avance pour faire ces PAL, histoire de sortir des livres qui sont dans ma bibliothèque depuis longtemps !). Dans ma sélection se trouvait le très court Inconnu à cette adresse, dont j’avais entendu de très bons avis, notamment sur le blog de Pretty Books.

L’histoire
Martin Schulse, Allemand et Max Eisenstein, juif Américain, sont deux galeristes associés, aux Etats-Unis. Ils sont surtout deux amis fervents, deux frères. Malgré l’installation de Martin à Munich, ils poursuivent leur amitié à travers des lettres chaleureuses, passionnées. En juillet 1933 pourtant, les doutes et le malaise de Martin face aux remous du gouvernement allemand font vite place à un antisémitisme que ne tempère plus la moindre trace d’affection. D’une cruauté imparable, sa décision tombe comme une sentence : « Ici en Allemagne, un de ces hommes d’action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui. » Max ne peut se résoudre à une telle révolution, sentimentale et politique.Lire la suite »