La perle et la coquille, de Nadia Hashimi

Il y a des romans vers lesquels je n’ose jamais me lancer, notamment de peur d’être déçue après en avoir entendu des avis dithyrambiques partout. C’est pourquoi je n’avais de cesse, en flânant en librairie, de prendre et de reposer La perle et la coquille, roman pour lequel chaque lecteur a apparemment eu un coup de cœur. Et puis le chaton Carnet Parisien est passé par là, et m’a convaincu de le lire pour son Club de lectures féministes ! Direction la médiathèque !

L’histoire

Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses sœurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

Mon avis

Je ne peux que remercier Carnet Parisien pour m’avoir incité à lire ce roman : merci merci merci ! Car il frôle le coup de cœur, rien que ça ! La perle et la coquille nous raconte deux destins difficiles de femmes victimes des traditions et de la culture sexiste qui sévit encore en Afghanistan, deux héroïnes de leur temps, à leur échelle, et qui excitera la fibre féministe de chaque lectrice, et je l’espère chaque lecteur, de cette planète.

Nous suivons en parallèle les destins de Rahima et Shekiba, deux femmes séparées par quelques générations, mais au destin semblable à certains niveaux. Elles seront en effet, chacune à leur époque, victime de la tradition, du sexisme, des remous politiques de leur pays. Et elles vont chacune résister à leur manière, tenter de faire valoir leurs droits, résister à leur sort et à la violence qu’elles seront obligées de subir, comme si c’était le lot commun de chaque femme de se voir traitée de la sorte.

Dès les premières pages, j’ai senti que ce roman allait me parler, grâce aux deux héroïnes que nous rencontrons. Leur personnalité est forte, affirmée bien que discrète, elles ont une volonté farouche d’améliorer leur condition, de s’attribuer des droits et à gagner un peu de liberté, quitte à mettre leur vie en danger. Elles auront également pour particularité de vivre une partie de leur vie dans la peau d’un homme, l’une pendant son enfance, l’autre à l’âge adulte, seul moyen pour elle de joui rune liberté qu’elles chercheront toujours à regagner.

A travers les destins de ces deux héroïnes, et de nombreuses autres rencontrées au fil des pages et des chapitres, Nadia Hashimi explore la condition féminine en Afghanistan, sans épargner son lectorat. Tout y passe : viol, mariage forcé, violences quotidiennes, humiliations, suicide, drogues, maladie, trahison, et même lapidation… Certaines scènes sont très difficiles, tellement elles sont criantes de vérité et de souffrance. Ce qui ne fait que rendre ce roman encore plus inoubliable !

C’est de manière dure mais sans jamais être larmoyante que Nadia Hashimi m’a plongée dans l’histoire de Shekiba et Rahima, deux héroïnes inoubliables. En refermant ce roman, je n’ai pu m’empêcher de regarder autour de moi et d’apprécier d’être dans un pays où je jouis du droit d’être libre, de choisir qui je veux aimer, d’avoir accès à l’éducation et à la culture, et d’avoir une voix susceptible d’être entendue. Un roman à lire absolument !

13 réflexions sur “La perle et la coquille, de Nadia Hashimi

  1. Très belle chronique ! Je suis inscrite depuis peu au Club de Lectures Féministes, j’ai donc loupé la lecture de ce roman. Mais vu ton avis, je crois que je vais le lire toute seule de mon côté, ça a l’ai d’être une lecture forte ^^

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  2. Très beau roman.
    Dans le même genre littéraire, mon premier livre fut les hirondelles de Kaboul… j’en garde aussi un souvenir ému.
    J’aime énormément ces récits de vie…. ils me touchent beaucoup.
    Voilà un très bon conseil de lecture qu’on t’a donné. Je suis heureuse que tu aies aimé.

    Aimé par 1 personne

  3. Mon gros gros gros coup de cœur de ce début d’année ! ❤ Je me demande encore pourquoi je ne l'ai pas ouvert plus tôt ! C'est un roman poignant qui permet de prendre conscience des différences et qui nous permet aussi de relativiser sur ce qu'on vit, nous en Occident, de la chance qu'on a !

    Aimé par 1 personne

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