Bénie soit Sixtine, de Maylis Adhémar

En lisant le résumé de Bénie soit Sixtine, j’ai immédiatement voulu le lire. Un roman sur une jeune femme qui tente de s’extraire de l’intégrisme religieux dans lequel elle a été élevée, il n’en fallait pas plus pour susciter ma curiosité !

L’histoire

Sixtine, jeune femme très pieuse, rencontre Pierre- Louis, en qui elle voit un époux idéal, partageant les mêmes valeurs qu’elle. Très vite, ils se marient dans le rite catholique traditionnel et emménagent à Nantes. Mais leur nuit de noces s’est révélée un calvaire, et l’arrivée prochaine d’un héritier, qui devrait être une bénédiction, s’annonce pour elle comme un chemin de croix. Jusqu’à ce qu’un événement tragique la pousse à ouvrir les yeux et à entrevoir une autre vérité.

Mon avis

J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman, qui a su me toucher, m’émouvoir, et me questionner. Pour un premier roman, Maylis Adhémar a placé la barre haute !

Le roman se divise clairement en deux parties, bien distinctes. La première partie du roman se concentre sur Sixtine qui vit sa vit de jeune épouse au sein de sa communauté catholique intégriste. Et cette partie est tout simplement horrifiante. Il m’est difficile de comprendre comment, de nos jours, avec internet et le monde dans lequel on évolue, il est possible de vivre comme cela. L’autrice l’explique très bien, en nous montrant comment Sixtine a été élevée dans ce monde, et que par ce biais il est intégré dans son esprit que sa croyance et sa pratique sont un combat contre le reste du monde. Et elle ajoute à cela le parcours de la mère de Sixtine, du point de vue de ses parents qui ont vu leur fille se fermer au profit de cette secte religieuse, jusqu’à les renier totalement. Tout cela crée une ambiance très oppressante, très sombre, comme si Sixtine était en apnée.

Cette seconde partie est bien différente de la seconde, dans laquelle Sixtine s’émancipe. L’autrice en profite pour jouer avec les différents genres littéraires, en passant du roman d’émancipation à la romance, en passant par quelques paragraphes de thriller psychologique. Sixtine est un personnage très attachant, intelligent, qui réussit à remettre sa culture en cause en le différenciant de sa foi profonde. Au fil des pages, j’ai souffert, réfléchi et ressenti avec Sixtine. Les autres personnages sont assez manichéens, mais ils sont tellement secondaires que ce n’est pas plus dérangeant que cela.

L’écriture de Maylis Adhémar est très brute, sans fioriture. Sa plume peut surprendre au départ, tellement elle est faible en fioriture, voire brutale dans certains propos. Et au fil des chapitres, elle s’aère, à l’image de l’univers de Sixtine qui s’ouvre vers l’extérieur. J’ai totalement adhéré à cette plume prometteuse pour la suite, brute de décoffrage, qui navigue entre onirisme et réalité.

Je vous conseille chaudement la lecture de ce roman, qui dénonce avec intelligence le sectarisme religieux qui existe encore actuellement dans notre pays. Mais pas que : Bénie soit Sixtine est aussi un formidable roman d’apprentissage, aux thématiques fortes et universelles.

2 réflexions sur “Bénie soit Sixtine, de Maylis Adhémar

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s