Blanc autour, de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

J’ai entendu tellement de bons avis sur le roman graphique Blanc autour que je n’ai pu que foncer dessus quand je l’ai vu en médiathèque, puis le lire lors d’un des multiples dimanches pluvieux de ce mois d’août.

L’histoire

1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall s’occupe d’une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah. La population blanche locale voit immédiatement cette « exception » comme une menace. Même si l’esclavage n’est plus pratiqué dans la plupart des États du Nord, l’Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d’une révolte sanglante. Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste admise. Prudence Crandall les prend au mot et l’école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l’abolition de l’esclavage.

Mon avis

J’ai passé un bon moment en lisant ce roman graphique, dont les graphismes m’ont totalement charmée, mais dont l’histoire m’a quelque peu laissée sur ma faim.

Avec une couverture aussi jolie, j’étais persuadée d’aimer ce roman graphique. Et dès les premières pages, j’ai été confortée dans ce sentiment. J’ai adoré le design des personnages, bien loin de la réalité mais qui apportait beaucoup de caractère. La colorisation de l’oeuvre est dingue, avec l’utilisation de couleurs toujours très chaudes qui donnent un côté très doux à l’histoire. Et c’est peut-être là que le bât blesse… C’est probablement cette colorisation si belle et si douce qui m’a laissé un sentiment un peu mitigé sur l’oeuvre dans sa globalité.

Car une colorisation aussi belle, amenant tant de douceur et de chaleur, peut-elle servir un propos aussi dur que celui du racisme et de la lutte pour les droits civiques, et toute la violence que ce combat implique ? Alors certes, les couleurs servent également à renforcer le sentiment de sororité et d’amitié qui lient les élèves de l’école; mais… Est-ce que des scènes de meurtre, de violence, d’insultes, de discrimination, peuvent bénéficier de ce constat de douceur et de chaleur ? Je ne dis pas que l’artiste aurait dû modifier ses couleurs en les remplaçant par des couleurs criardes et agressives, mais je suis ressortie de cette lecture un peu embrumée entre la douceur que j’avais admirée et les propos très durs que j’avais lus.

Je suis ressortie de cette lecture non seulement partagée par la colorisation de l’oeuvre, mais aussi par son propos. Ce n’est peut-être pas un défaut, mais j’ai trouvé ce roman graphique trop court. J’ai eu l’impression qu’il s’était arrêté en plein milieu, et qu’il a fallu des pages d’informations écrites à la fin du livre pour combler le manque. Ces pages d’informations étaient passionnantes, et très complètes, mais j’ai regretté qu’elles ne soient pas mises en dessin…

J’ai beaucoup aimé Blanc autour, dont le thème important et le graphisme splendides m’ont emportée. Mais le sentiment de douceur a primé sur la violence de la thématique, ce que je regrette un peu…

2 réflexions sur “Blanc autour, de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

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