Grand Silence, de Théa Rojzman et Sandrine Revel

Je suis peu l’actualité graphique, mais grâce à QuietManon, j’ai découvert le roman graphique Grand Silence, pour lequel elle a eu un coup de cœur et qui a été distingué au festival d’Angoulême. Je ne pouvais donc rien faire d’autre que de le réserver à la médiathèque !

L’histoire

Sur une île inconnue où vivent des humains qui nous ressemblent, une sorte d’usine géante œuvre depuis toujours. Cette étrange usine a pour mission d’avaler les cris rendus muets des enfants.
Elle s’appelle Grand Silence…
Dans un conte pour adultes aussi beau que son sujet est délicat, Théa Rojzman et Sandrine Revel livrent un roman graphique puissant qui explore sans brutalité ni complaisance un fléau que l’on préfère ignorer : celui des violences sexuelles commises sur les enfants.

Mon avis

Quelle découverte, quel incroyable coup de cœur ! Lisez, lisez, lisez Grand Silence ! C’est simple, tout m’a plu dans ce roman graphique ! L’histoire est magnifique, tout autant que les graphismes. Théa Rojzman et Sandrine Revel nous livrent un conte noir tragique, politique, émouvant, et en même temps plein d’espoir, très engagé. La manière dont les violences sexuelles commises envers les enfants est extrêmement intelligente, et très émouvante, tant niveau graphique que scénaristique.

Le roman est très imagé, et présente de manière particulière le tabou que représentent ces violences, la dualité entre victime et bourreau, le bris du corps et de l’esprit au moment de l’agression. J’ai adoré l’ambiance graphique de Sandrine Rével : on ressent le poids de ce silence qui sort de l’énorme usine qui domine l’île, le mal être des victimes qui transparait sur leurs corps et leur attitude. J’ai beaucoup aimé la colorisation du roman, avec des couleurs tristes puis une explosion de couleurs en fonction de l’évolution de l’intrigue. Une véritable ambiance de conte se dégage des planches de ce roman graphique, et j’ai énormément apprécié cela !

Le côté graphique pourrait laisser à penser que cet ouvrage s’adresse à la jeunesse. C’est le cas, mais pas seulement. Ce livre est à mettre entre toutes les mains, de 9 à 99 ans ! L’histoire est tellement émouvante qu’elle ne peut que toucher les plus adultes, et les plus jeunes seront prévenus des risques et de l’importance de lever le tabou sur ces violences, et de l’ambivalence que peut représenter une victime qui devient bourreau.

Je ne peux que recommander à 3245% ce roman graphique, conte dramatique d’une profondeur inouïe, qui traite des violences sexuelles infligées aux enfants de manière pudique mais intelligente, jusqu’au-boutiste et sans a priori. Une pépite, un coup de cœur !

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