Moi, Tituba sorcière…, de Maryse Condé

Moi, Tituba sorcière… est un roman qui me tente depuis plusieurs mois. J’ai donc profité d’une lecture commune avec les copines pour me le procurer (vive les versions vintage qui sentent bon le vieux papier !) et le lire, enfin !

L’histoire

Fille de l’esclave Abena violée par un marin anglais à bord d’un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts.
Son mariage avec John Indien l’entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C’est dans l’atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu’a lieu le célèbre procès des sorcières de Salem en 1692. Tituba est arrêtée, oubliée dans sa prison jusqu’à l’amnistie générale qui survient deux ans plus tard.

Mon avis

Quelle superbe lecture ! Je ne m’attendais pas à être aussi emportée dans ce roman, qui m’a passionnée de la première à la dernière ligne !

Maryse Condé est une autrice qui a reçu beaucoup de distinctions littéraires, ce qui me faisait un peu peur; j’ai toujours, en effet, cette crainte que le texte soit trop exigeant. Il n’en fut heureusement rien dans ce livre : la plume m’a emportée, et m’a fait vivre un voyage fabuleux en compagnie de Tituba ! Maryse Condé a un talent fou pour proposer une histoire basée sur un fait historique réel auquel elle apporte une touche fabuleuse qui la rend absolument extraordinaire. Le tout est emprunt à la fois d’onirisme et de réalisme, se dévorant littéralement. Je tiens absolument à découvrir d’autres œuvres de cette autrice tant celle-ci m’a convaincue et charmée !

Et que dire de l’histoire, qui est incroyable ! Maryse Condé nous livre un destin hors du commun, celui d’une femme, Tituba, née d’un viol, fille puis femme d’esclave, guérisseuse mais considérée comme sorcière. Maryse Congé parle de l’esclavage, de la bigoterie et du procès des sorcières de Salem comme personne. A travers Tituba, tant de maux exprimés : la servitude, le deuil, l’abnégation, la cruauté de l’époque et des Hommes, la fatalité. Tituba cumule les handicaps : femme, de couleur, guérisseuse. Elle en fera des forces. C’est en cela que se révèle toute la beauté, la force et l’inspiration qu’elle donne.

A travers sa plume remarquable, Maryse Condé décrit un personnage fabuleux victime de son époque. Une époque où règne l’esclavage et la bigoterie. Une époque où Dieu et l’Homme Blanc règnent en maître. Une époque dont la magie mais aussi la cruauté imprègnent l’air, et les pages de ce roman qui nous enveloppe de son ambiance très pesante et légère à la fois. Il m’était perturbant à chaque fin de lecture de sortir le nez de mon livre et de me retrouver libre au XXIème siècle, tellement j’étais prise dans cet univers et cette ambiance.

Moi, Tituba sorcière… est indéniablement une de mes lectures les plus marquantes de l’année 2020, et la plume de Maryse Condé une véritable révélation !

5 réflexions sur “Moi, Tituba sorcière…, de Maryse Condé

  1. J’ai très envie de lire ce livre, surtout depuis avoir lu Sorcières de Mona Chollet et vu le très bon « Chasse aux sorcières à Salem » sur Arte… Ta chronique fait remonter ce titre sur ma PAL ! C’est d’ailleurs Maryse Condé qui a remporté le prix Nobel de littérature alternatif en 2018 🙂

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