Le génie lesbien, d’Alice Coffin

Merci au Club de lectures féministes des copines Carnet Parisien et Rue Camille de m’avoir permis de lire, enfin, Le génie lesbien, qui m’avait gentiment été prêté il y a quelques mois !

L’histoire

« Enfant, je m’imaginais en garçon. J’ai depuis réalisé un rêve bien plus grand : je suis lesbienne. Faute de modèles auxquels m’identifier, il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Puis j’ai découvert une histoire, une culture que j’ai embrassées et dans lesquelles j’ai trouvé la force de bouleverser mon quotidien, et le monde. »
Journaliste dans un quotidien pendant plusieurs années, la parole d’Alice Coffin, féministe, lesbienne, militante n’a jamais pu se faire entendre, comme le veut la sacrosainte neutralité de la profession. Pourtant, nous dit-elle, celle-ci n’existe pas.
Dans cet essai très personnel, Alice Coffin raconte et tente de comprendre pourquoi, soixante-dix ans après la publication du Deuxième sexe, et malgré toutes les révolutions qui l’ont précédé et suivi, le constat énoncé par Simone de Beauvoir, « le neutre, c’est l’homme », est toujours d’actualité. Elle y évoque son activisme au sein du groupe féministe La Barbe, qui vise à « dénoncer le monopole du pouvoir, du prestige et de l’argent par quelques milliers d’hommes blancs. » Elle revient sur l’extension de la PMA pour toutes, sur la libération de la parole des femmes après #Metoo ; interroge aussi la difficulté de « sortir du placard ». Et sans jamais dissocier l’intime du politique, nous permet de mieux comprendre ce qu’être lesbienne aujourd’hui veut dire, en France et dans le monde.
Combattif et joyeux, Le génie lesbien est un livre sans concession, qui ne manquera pas de susciter le débat.

Mon avis

Il est toujours difficile de donner un avis sur un essai, d’autant plus quand celui-ci est en grande partie autobiographique. Globalement, j’ai apprécié ce livre, qui traite de thèmes intéressants, et est bien construit. Le fait qu’il soit autobiographique le rend plus intéressant que si ces messages étaient uniquement basés sur des chiffres, ce que j’ai apprécié. Après, je n’ai pas totalement intégré aux propos de l’autrice, et il faut selon moi connaitre Alice Coffin et son combat pour apprécier pleinement ce livre; vu que ce n’était pas mon cas, j’ai eu un sentiment d’incompréhension à plusieurs passages du livre.

Ce que j’ai apprécié dans ce livre, c’est sa construction. Alice Coffin traite de plusieurs thématiques dans son livre, allant de la représentation du lesbianisme dans les médias au militantisme tel qu’elle l’entrevoit. Chaque thématique est traitée indépendamment, mais elles se regroupent autour du lesbianisme. Et c’était passionnant ! Je n’avais jamais réfléchi au lesbianisme autrement que comme une orientation sexuelle, et cet essai a eu le mérite de me faire réfléchir sur le lesbianisme comme « mode de vie » en dehors de tout patriarcat, de tout diktat masculin; et j’avoue, ce fut une révélation ! Je comprends mieux le titre du « Génie lesbien », et je le partage totalement. Après, j’ai bien gardé à l’esprit que c’était un livre engagé, et donc je l’ai lu avec une certaine distance en remettant en cause ce que je lisais; j’ai donc adhéré à certains propos, et pas à d’autres.

Le bémol de ce roman réside… dans son autrice. Selon moi, du moins je l’ai ressenti de cette manière, il faut connaitre Alice Coffin pour entièrement apprécier ce livre. Elle y parle de son combat, des attaques subies, de sa vie personnelle, de son parcours professionnel. J’ai beau avoir lu pas mal d’ouvrages féministes dans ma vie, je ne connaissais Alice Coffin que de nom avant de découvrir cet essai; et j’avoue que cela m’a, je pense, empêché de saisir certains aspects de l’essai, qui pour moi a été écrit pour des gens qui la connaissent, et qui l’apprécient ou la détestent. Cela a compté pour l’aspect militant que contient cet essai, auquel il est parfois difficile de tout comprendre si on ne connait pas bien Alice Coffin.

Cet essai m’a fait appréhender le lesbianisme comme je ne l’avais fait auparavant, ce que j’ai beaucoup apprécié. Je suis plus réservée sur certains autres aspects de l’essai, notamment son côté militant qui ne m’a pas convaincu, peut-être parce que je l’ai lu avec beaucoup de distance (selon moi nécessaire quand on lit ce genre d’essai). Son aspect biographique en fait sa force et sa faiblesse, il faut se le dire. A découvrir !

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