S’il n’en reste qu’une, de Patrice Franceschi

Je suis généralement peu attentive aux Prix littéraires, sauf au Prix Roman Fnac qui ne m’a jamais déçu. Quand j’ai vu que S’il n’en reste qu’une, le dernier roman de Patrice Franceschi, était dans le carré final, j’ai foncé le lire !

L’histoire

Une journaliste occidentale croit pouvoir enquêter impunément sur le destin magnifique de deux figures légendaires, Tékochine et Gulistan, afin de raconter la pureté de leur cause, l’inflexibilité de leur lutte, les circonstances exceptionnelles de leur mort dans les décombres d’une ville assiégée de l’ancienne Mésopotamie.
Mais accéder au premier cercle des dirigeants clandestins de cette guerre-là se mérite, et peut-être ne peut-on révéler la vérité qui se cache derrière tant de récits lacunaires et contradictoires qu’en se perdant à son tour : son enquête devient peu à peu parcours initiatique, remontée du fleuve du souvenir, hymne à une liberté dont nous avons perdu le sens en cessant d’être prêts à en payer le prix.

Mon avis

J’ai passé un moment de lecture intense avec ce roman. Intense de par l’histoire qu’il m’a racontée, intense de par les émotions qu’il a pu distiller en moi, et intense par les questionnements qu’il a entrainés. Ne vous avez pas à une lecture détente avec ce roman, c’est un roman bouleversant et très dur, qui ne vous laissera pas indifférent, mais dont les conclusions sont assez amères.

Patrice Franceschi a fait le pari de nous proposer un roman un peu hybride, entre le récit initiatique et le documentaire fictionnel. A travers trois personnages féminins aux destins particulièrement bouleversants, il traite le prisme de la société occidentale post-11/09/2001 partagée entre politique et confort, et la montée des talibans en Syrie et le combat des femmes kurdes contre cette horreur. Difficile de faire le lien entre ces deux mondes, et pourtant l’auteur réussit son pari. Par la découverte des parcours et destins, souvent tragiques, de ces femmes combattantes aux valeurs puissantes et au courage infini, c’est une vraie leçon qui est données à notre confortable société.

J’avais beau avoir vu des reportages sur les combattantes kurdes, je dois avouer que cette plongée au coeur de leurs combats m’a sacrément secouée. Patrice Franceschi confronte le confort de son lecteur et le manque de courage qui peut en résulter, à la force de l’engagement de ces femmes dont le combat est vain et qui se retrouvent, finalement, à la merci de l’Occident dans leur lutte. C’est un constat très amer qui nous est livré, mais terriblement juste en même temps… C’est en cela que cette lecture remue, résonne et reste en mémoire.

Le seul petit bémol aura été pour moi la plume de Patrice Franceschi, que j’ai trouvé un peu trop froide… Elle n’avait pas besoin d’être enrobée d’émotions ou de davantage de subtilité, car le propos se suffit à lui-même pour faire son effet sur le lecteur, mais j’aurais parfois apprécié que les personnages soient un peu plus approfondis côté émotions. Mais je pinaille, j’avoue…

S’il n’en reste qu’une est un roman qui ne peut laisser le lecteur indifférent, tant l’histoire qui y est racontée est forte et universelle. C’est un roman qui vous bouleverse et réussit à vous mettre en même temps mal à l’aise dans votre propre vie… Une très belle découverte !

Une réflexion sur “S’il n’en reste qu’une, de Patrice Franceschi

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